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Maximilian Watzka en interview dans Le Quotidien - 08.02.2017



«Ces derbys, c'était la guerre!»



BGL LIGUE Débarqué au Progrès cet hiver, le milieu de terrain Maximilian Watzka a évolué en 2e Bundesliga et Regionalliga. Samedi, il aura droit au derby pour ses débuts. Cela tombe bien, les derbys, il connaît!



À 30 ans, «Max» a quitté son Allemagne natale pour une première expérience à l'étranger du côté de Niederkorn.



  Sam. 15 h, stade Jos-Haupert  



Entretien avec notre journaliste Julien Carette



Vous commencerez votre aventure au Luxembourg par le derby Progrès - Differdange, samedi. Vous avez déjà dû en disputer pas mal dans votre carrière, non? 



Maximilian Watzka : Oui, beaucoup! On peut dire que je sais ce que c'est un derby.


Et lesquels vous ont le plus marqué? 


Il y en a trois : une confrontation en Coupe que j'avais disputée face à l'Eintracht Francfort lorsque j'évoluais en 2e Bundesliga au Kickers Offenbach. Puis, il y a l'opposition entre la révélation de cette saison en Bundesliga, le RB Leipzig, et son voisin du Sachsen lorsque les deux équipes s'affrontaient en Regionalliga. Sans oublier les Magdebourg - Hallescher FC. Que des gros derbys! Il n'y en a pas un que je placerais au-dessus des autres. Ils ont tous une énergie et une rivalité qui les rendent spéciaux. C'était à chaque fois la guerre! Prenez Offenbach - Francfort. Il est connu en Allemagne que ces deux clubs possèdent beaucoup de hooligans parmi leurs supporters. Et lorsque nous les avons accueillis, le stade était plein comme un œuf, 18 000 personnes. Certains ont voulu se battre avant et après le match. C'était vraiment très chaud comme atmosphère. Vous pouvez l'imaginer.





Vous avez donc joué deux saisons (de 2010 à 2012) au RB Leipzig, l'actuel dauphin du Bayern Munich en Bundesliga...

Je suis originaire de Leipzig, une ville qui compte beaucoup de clubs. Et le RB était le plus détesté de tous. Si, aujourd'hui, il attire des milliers de personnes, à l'époque, il venait d'être créé de toutes pièces par la marque Red Bull et il n'y avait guère plus de 1 000 ou 2 000 personnes. 

Ce derby contre Sachsen Leipzig devait également être particulier pour vous puisque vous aviez aussi joué là- bas... 

Oui, c'était fort émotionnellement. Un club représentait mon passé et l'autre mon futur. Rejoindre le RB Leipzig et son grand projet était une magnifique opportunité pour moi. Mais cela n'empêchait pas les supporters adverses de me détester (Il rit). Pendant la rencontre, ils m'ont sifflé et hué. Personnellement, cela ne me dérangeait pas. Quand vous êtes sur le terrain, vous êtes concentré sur votre boulot. Mais pour ma famille, c'était moins facile à vivre... Vous savez, parfois, cela peut être violent. Comme lors des derbys entre Magdebourg et Hallescher. 





Vous nous racontez? 

Là, il devait bien y avoir 15 000 spectateurs. Et les supporters de l'équipe d'en face nous ont attaqués. Ils ont caillassé notre bus avant la rencontre. La police a dû nous protéger. La première fois que cela vous arrive, cela peut vous effrayer. Mais nous, cela nous a plutôt motivés! Comme ils voulaient nous taper, cela nous a encore plus galvanisés pour l'emporter. Et c'est ce qu'on a fait. En plus, c'est moi qui ai inscrit le seul but du match. 

Vu tout ce que vous nous racontez, ce n'est pas la rencontre de samedi face à Differdange qui va vous faire peur... 

(Il rit) Non, je n'ai jamais peur d'un match. Le fait que ce soit un derby, c'est plutôt une source de motivation supplémentaire. La préparation commence à être un peu longue, il a fait froid et on a faim de football. J'ai hâte que cela commence. 

Peut-on revenir sur le RB Leipzig? 

On sentait déjà à l'époque le potentiel qu'on peut voir aujourd'hui? Oui! Il y avait déjà de gros moyens et ils expliquaient que leur ambition, c'était de se retrouver en Bundesliga. Cela a été très vite... Il y a encore des gens au club qui étaient présents à votre époque? Tout le monde a changé... sauf le docteur. Dans un sens, c'est logique. On ne joue pas avec les mêmes joueurs en D4 et en D1. Mais on sentait déjà qu'ils ne regardaient pas à l'aspect humain des choses. Le RB Leipzig, c'est un projet commercial ou artificiel. Le seul but est de mettre en avant leur marque, la grande compagnie qui se trouve derrière (NDLR : Red Bull donc). Vous devez réussir ou bien vous devez partir. Dans notre équipe, il y avait 20 nouveaux joueurs et on ne nous a pas laissé le temps de grandir. Il fallait réussir directement. Puis, ils se sont quand même rendu compte qu'il allait falloir un peu de temps. On ne sort pas vraiment facilement de la Regionalliga. Il ne suffit pas d'être champion de sa poule, il faut ensuite remporter les matches de barrages. 

Et comment cela s'est passé pour vous? 

J'ai connu une grosse blessure et mon contrat a été coupé. Mais cela reste une belle expérience à mes yeux. J'y ai rencontré de chouettes personnes et puis, j'ai pu bosser pendant deux ans dans un environnement qui était, même en Division 4, professionnel. Comme je l'ai déjà dit, c'était une opportunité que je ne pouvais laisser passer. 

Vous avez effectué la majeure partie de votre carrière en ex-Allemagne de l'Est. Mais vous avez fait un crochet à Trèves. C'est quand même très loin de chez vous. Comment avez-vous abouti là-bas? 

J'ai toujours cherché de nouvelles expériences. Et à l'époque, mon agent m'avait simplement proposé Trèves en Regionalliga. Et j'ai dit : O. K. Vous avez effectivement pas mal bourlingué. 

Sauf ces dernières années où vous êtes resté au Viktoria Berlin (en Regionalliga)... 

Parce que Berlin est ma ville préférée! Vivre là-bas, c'est un rêve. J'y ai beaucoup d'amis, ma famille n'était pas trop loin... Mais après trois ans, pas mal de choses ont changé au sein du club. Et si je me sentais très bien dans notre capitale au niveau de ma vie personnelle, j'avais aussi besoin qu'il en soit aussi ainsi footballistiquement parlant. D'où mon envie d'aller voir ailleurs. 

Niederkorn (où il habite), cela doit vous changer de Berlin? 

(Il rit). Oui, c'est complètement différent. Mais je ne suis pas mécontent. À Berlin, tout va très vite, il y a toujours quelque chose à faire. Ici, j'ai le temps d'organiser un peu ma vie. 

Le Luxembourg, ce n'est pas le plus dépaysant par rapport à l'Allemagne, non? 

Cela m'aurait bien plu d'aller en Espagne. Mais c'est le Luxembourg que mon agent m'a proposé. Je vous avoue que je ne savais pas grand-chose du foot luxembourgeois, mais ce que je vois me surprend dans le bon sens du terme.





SON PARCOURS



Il a joué au RB Leipzig



2004 - 2007 : FC Sachsen Leipzig 



2007 - 2008 : Kickers Offenbach 



2008 - 2010 : 1. FC Magdebourg 



2010 - 2012 : RB Leipzig 



2012 - 2013 : Eintracht Trêves 



2013 - 2017 : Viktoria 1889 Berlin 2017 - ? : Progrès Niederkorn


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