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Le débriefing du mardi - 25.10.2016



Amodio, la rupture

BGL LIGUE En une semaine à la tête du Progrès, Paolo Amodio a marqué une vraie différence de gestion du groupe par rapport à Fabien Tissot, son prédécesseur.



Le succès à Strassen a fait du bien dans les têtes. Mais moralement, l'essentiel du boulot semble avoir été fait en amont.



De notre journaliste Julien Mollereau


Paolo Amodio, coach plus proche de ses joueurs que Fabien Tissot, fait l'unanimité. Photo : Mélanie Maps


UNE RÉVOLTE DES JOUEURS


Les dirigeants ont déjà soustrait deux joueurs à l'effectif (Cassan et Dog, lire cidessous) et ont clairement laissé entendre que si la situation comptable ne s'améliorait pas, ils ne s'arrêteraient pas là. Certains cadres, dont, forcément, Ismaël Bouzid, ont donc jugé utile de prendre la parole devant le groupe pour faire un bilan des pertes humaines. «À cause de nous, un coach et deux des nôtres ont déjà dû nous quitter», aurait dit, en substance, le défenseur central. Or les dirigeants, dimanche, ont indiqué avoir perçu un véritable changement d'esprit. Durable?


UNE RUPTURE DE GESTION


En tout cas, la méthode Amodio va aider à pérenniser le sursaut des joueurs. Sans aller jusqu'à la froideur, la gestion du groupe de Fabien Tissot, qui a confié l'aspect relationnel à Manuel Correia, son adjoint, en a dé- stabilisé certains. Pas tous. «On est des adultes quand même, pas des gamins», lâche ainsi Dino Ramdedovic. Mais tous ont constaté qu'Amodio est plus proche de ses troupes, installant un rapport affectif et d'écoute qui a séduit le vestiaire. «L'humain, c'est primordial», rappelait Ismaël Bouzid après la victoire à Strassen, comme pour adouber ce changement de gestion. Et d'enfoncer le clou : «On avait besoin de ce type de personnalité, simple, dans l'émotionnel. Il écoute. C'est une qualité cruciale en DN.»


Au-delà de sa façon d'être, Paolo Amodio a pu, en plus, jouer sur un levier que ne pouvait pas actionner Fabien Tissot. Si le technicien français a fini par sanctionner progressivement et logiquement les performances (ou plutôt l'absence de performance) des uns et des autres, Amodio avait beau jeu de relancer la machine avec les cadres. Lafon et Laurent, retitularisés sans hé- sitation, ont été (très) performants. Bouzid, à qui le brassard a été rendu, aussi. Tissot n'avait pas d'autre choix que de manier le bâton au point où il en était arrivé. Amodio, lui, a le luxe d'agiter la carotte. Rendre les responsabilités aux cadres, même si c'est de la pure logique, c'est bien joué.


DES OPTIONS TACTIQUES FORTES


Si les dirigeants du Progrès ont choisi Amodio, c'était aussi pour sa connaissance aigüe de l'effectif alors qu'il n'y avait plus la moindre journée à perdre. Le coach avait déjà vu... quatre rencontres du Progrès avant d'accepter le poste et il conservait un souvenir plus que précis des joueurs ayant déjà évolué sous ses ordres, au nombre de cinq et alors que certains étaient, dans le temps, venus au club... pour lui (Ramdedovic).


Ainsi, l'ancien coach de Pétange a levé des options fortes dès son premier match. Comme celle d'installer Poinsignon en arrière gauche, qui s'est montré très costaud et s'est souvenu qu'Amodio, justement, l'avait déjà mis là il y a quelques années. Autres choix forts : mettre Menaï là où il se sent souvent le mieux, en soutien d'attaque, à virevolter autour de la pointe. L'incontournable paire GarosRamdedovic a repris du galon également, tandis qu'Olivier Thill s'installait plus haut et que son frère, Sébastien... s'asseyait sur le banc. Un choix tranché mais finalement payant puisqu'en entrant en jeu, l'international a fini par délivrer une passe décisive. Bref, à Strassen, il n'y a pas eu d'improvisation tactique : Amodio savait exactement où il allait.


LA CHANCE DU DÉBUTANT?


«Ça a pris tout de suite», se félicitait Bouzid depuis Strassen. Encore faut-il, désormais, que cela dure. Le Progrès n'a plus été foutu d'enchaîner deux succès consécutifs depuis... novembre 2015 et c'est un déplacement ultra-compliqué à Hostert qui se profile, en Coupe, dimanche. Avant la réception ultracomplexe de la Jeunesse qui occupe actuellement cette 4e place qui fait saliver le Progrès. Bref, il ne faudrait pas que le soufflé retombe d'un coup. Paolo Amodio et Émilio Lobo ont pu surfer sur les conditions particulièrement porteuses de leur arrivée. Mais pour l'homme qui avait sauvé le club après qu'il eut démarré sur sept défaites consécutives, en 2013, il va maintenant falloir durer à ce niveau de performance. Sans révolte permanente des joueurs, dans la routine des relations humaines, avec des options tactiques concrètes à faire accepter à ceux qui ne disent encore rien pour le moment...


De Sousa blessé


Sans cesse enquiquiné par une cheville, Marco De Sousa va rester trois semaines au repos plutôt que de se faire constamment infiltrer, comme ces derniers temps.

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