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Le Quotidien présente Rémi Laurent. - 10.08.2016

Rémi Laurent, le buteur découvert sur le net



BGL LIGUE S'il n'a pas marqué dimanche pour ses débuts avec Niederkorn, l'attaquant français est l'homme sur lequel on compte pour faire trembler les filets. Un attaquant déniché sur des sites spécialisés. Récit.


Thomas Gilgemann, le manager général du Progrès, nous raconte comment le club a découvert l'existence de son nouvel attaquant.



Entretien avec notre journaliste Julien Carette



Rémi Laurent a d'abord fait partie d'une liste d'une dizaine de joueurs, puis d'une «shortlist» de trois noms.Rémi Laurent a d'abord fait partie d'une liste d'une dizaine de joueurs, puis d'une «shortlist» de trois noms. Photo C.Luc F.C.P.N.



On sait que certains clubs (et non des moindres puisque Nice ou Watford sont dans le cas) ont déjà fait appel au jeu vidéo Football Manager (dix millions de copies vendues dans le monde), la perle des simulations en termes de management sportif, pour recruter certains de leurs joueurs. Mais du côté du Progrès Niedekorn, on s'est servi d'un autre outil pour découvrir le nouvel attaquant des Jaune et Noir, Rémi Laurent : les nombreuses bases de données qui existent désormais un peu partout sur le net. 



ÉPLUCHER LES CLASSEMENTS DES BUTEURS DE D2, D3 ET D4 FRANÇAISES, BELGES ET ALLEMANDES 


«Je tiens tout d'abord à préciser que nous essayons avant tout de recruter au niveau local. Notre premier choix se porte toujours sur les joueurs luxembourgeois», explique Thomas Gilgemann, le manager général du club niederkornois. «Mais force est de constater que l'offre n'est pas énorme en termes d'attaquants capables de marquer beaucoup. Joachim joue en Belgique, Deville en Allemagne, Turpel est à Dudelange, Lascak a opté pour Differdange... Cela nous a obligés à chercher plus loin. Et pour ça, il te faut bien une ou plusieurs sources...» Celles-ci portent donc comme nom soccerway.com, transfertmarkt.de ou encore foot-national.com, quelques-unes des (nombreuses) bases de données trouvables sur internet qui renseignent un nombre incalculable de joueurs de foot à travers toute la planète. «Comme nous cherchions un buteur, nous avons donc concentré nos recherches sur tous les attaquants qui avaient planté au saison ces dernières années. Et ça dans les championnats de division 2, division 3 et division 4 en France, Belgique et Allemagne», continue Gilgemann. Un travail de longue haleine qui a porté ses fruits, le club ayant alors en sa possession une liste d'une dizaine de «goleadors» hors pair. 


LA (LONGUE) CHASSE AUX RENSEIGNEMENTS 


«Mais lorsque vous obtenez une telle liste, votre travail est loin d'être terminé. Le plus dur est même encore devant vous. Car vous devez alors en apprendre beaucoup plus sur tous les éléments qui ont retenu votre attention! Vous partez donc à la chasse aux renseignements. Sur les sites de clubs, par exemple. Mais aussi en lisant les articles de la presse régionale. Et puis surtout, vous prenez contact avec des anciens équipiers, des entraîneurs... Si on vous dit que le joueur en question est un grand sorteur ou qu'il fait la tête dès qu'il n'est plus sur le terrain, vous le rayez de la liste. Mais si, par contre, vous obtenez huit avis favorables sur les dix que vous avez demandés, là, cela devient intéressant pour vous. Au final, on s'est ainsi retrouvés avec une "shortlist" de trois noms.» Et parmi ceux-ci se trouvait donc celui de Rémi Laurent (29 ans, originaire des Vosges).


PRISE DE CONTACT ET... UN AN D'ATTENTE 


«Nous avons alors pris contact avec Rémi et le courant est directement bien passé avec son agent et lui. Son caractère nous plaisait bien et le projet que nous lui avons longuement présenté lui a plu. Le volet financier? C'est toujours celui que nous abordons en dernier. Certes, c'est important, qui plus est quand vous venez d'aussi loin (NDLR : il jouait à Vitré en Bretagne), mais j'avoue que si un joueur commence à me parler salaire au bout de trois minutes de discussion, il y a peu de chance qu'il nous rejoigne... Cela n'a pas été le cas avec Rémi, mais l'affaire ne s'est pas conclue. Du moins pas à ce moment-là. C'était trop compliqué. Il habitait donc en Bretagne et aurait dû déménager au Luxembourg. Or, son mariage était également prévu. Bref, ce n'était pas le bon moment», explique encore le manager général. On était alors à l'intersaison 2015. Mais ce mauvais timing n'a pas annihilé les envies du Progrès. «Nous sommes restés en contact permanent avec lui toute la saison dernière», reprend Gilgemann. Et l'affaire s'est donc conclue facilement en fin de saison dernière. Un recrutement pour le moins original dans son déroulement, donc. «C'est le seul élément qui a été acquis de cette manière là. Comme je vous le disais, on est plutôt centrés sur un recrutement régional d'habitude à Niederkorn.»


 


Laurent : «J'ai eu des propositions pour évoluer plus haut que le National»

Votre club du Progrès Niederkorn vous a expliqué la manière dont il vous avait repéré? 


Rémi Laurent : Oui. C'est vrai que sur les cinq dernières années, si on excepte la saison 2015/2016 où j'ai terminé au deuxième rang, j'ai toujours fini meilleur buteur de mon championnat avec Vitré, que ce soit en CFA ou CFA 2. Trois fois, j'ai même été meilleur buteur de toute la France dans ma catégorie. Lors de mes deux premières années dans ce club breton, en CFA 2, j'ai inscrit 24 et 17 réalisations. Lors des trois suivantes, en CFA, j'en ai planté 18, 21 et 16. Et cela rien qu'en championnat, vous pouvez en ajouter une dizaine de plus en moyenne par saison en Coupe de France. 


Vous êtes donc ce qu'on peut appeler un vrai buteur. Cela vous met forcément de la pression lorsque vous découvrez un nouveau club, un nouveau championnat. On attend beaucoup de vous... 


Oui et je la ressens. Je dois faire mes preuves. Vous savez, la pression, il faut en avoir, car ça vous apporte de la motivation. Le tout, c'est de ne pas vous en mettre trop sur vos épaules, sinon cela influence négativement vos performances. Vous l'avez bien sentie cette pression sur le penalty qui vous avez manqué pour la reprise du championnat face au RFCU dimanche, non? 


Oui. Quand vous débarquez dans un nouveau club, un nouveau championnat, contre des adversaires que vous ne connaissez pas, marquer pour vos débuts peut faire du bien au moral. Malheureusement, cela ne m'a pas souri. J'ai mal tiré, même si la balle était cadrée. Après, le plus important est clairement qu'on ait remporté la victoire (2-1). Au niveau du secteur offensif, il y a quand même pas mal de nouveaux qui sont arrivés à l'intersaison. Tous les automatismes ne sont pas encore tout à fait là, mais cela va arriver au fur et à mesure. 


Ce premier but, vous l'avez gardé pour le derby contre Differdange, vendredi? 


S'il veut bien tomber dès cette semaine, je suis preneur. Mais encore une fois, ce qui sera surtout important, ce sera de s'imposer. Tous les clubs sont à la recherche d'un buteur. 


Comment expliquer que vu vos statistiques et le fait que vous n'ayez que 29 ans, vous n'avez pas eu votre chance à un niveau supérieur? Il y a un peu de manque de chance. 


Peut-être aussi un manque de qualité de ma part sur le plan technique ou mental. Après, j'ai aussi refusé certaines propositions, qui émanaient même parfois d'un niveau supérieur au National. Et puis, j'ai aussi quitté certains clubs alors que je n'aurais pas dû le faire. Mon profil ne plaisait pas non plus toujours au coach... Mais au final, ma carrière aurait pu être pire aussi. 


Vous avez souvent joué des derbys? 


Quelques-uns, à Vitré ou à Troyes (NDLR : où il a été formé). Mais à mon sens, ils n'avaient pas la même saveur que celui qui aura lieu vendredi. J'ai hâte de découvrir ça.




150 LE CHIFFRE 


Quand on demande à Rémi Laurent combien de buts il a inscrits au total en équipe première, la réponse fuse après quelques petites secondes de réflexion : «Je dois approcher des 150. Sans tenir compte des rencontres disputées en Coupe de France. Avec Vitré, en CFA 2 et CFA ces cinq dernières années, j'en ai marqué 96. Et lorsque j'évoluais plus jeune en National, à Arles-Avignon, Bayonne et Luzenac, j'en ai mis 21. Et à ça, on peut ajouter une quarantaine avec mon club formateur...» Si on tient compte, par contre, des buts inscrits dans cette fameuse Coupe de France, le Vosgiens de 29 ans a tourné à une moyenne oscillant entre 25 et 30 buts lors de ces cinq dernières années. De quoi lui apporter une sacrée réputation, mais aussi un peu de pression pour ses débuts au Luxembourg.





 

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