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Complètement floqué? - 05.08.2015

BGL LIGUE Afin de gagner en visibilité et développer leur merchandising, certains clubs signent leurs maillots


Voir le nom des joueurs sur le maillot ne facilite pas uniquement la vie des journalistes, mais profite aussi à la visibilité du club. Certains l'ont bien compris et tentent d'en tirer profit.



De notre journaliste Charles Michel.



Ça peut paraître un détail, mais ce sont justement les détails qui comptent. Surtout au haut niveau. S'il ne l'a pas encore atteint, le football luxembourgeois y prétend, comme en témoigne la création récente de la Ligue de football luxembourgeoise (LFL). Alors, même si le flocage des maillots de BGL Ligue peut sembler superflu, ça ne l'est pas tant que ça. La preuve... C'est en regardant Jeunesse - Progrès qu'on s'est fait la réflexion : mais pourquoi, bon sang, les Niederkornois ont-ils leur nom dans le dos et pas les Eschois? «Chaque année, l'équipe première reçoit un nouveau jeu de maillots. La saison d'après, s'il est en bon état, on le recycle en le donnant aux juniors puis, pourquoi pas, encore à l'équipe réserve. Dans ce cas, on ne peut pas mettre le nom des joueurs de l'équipe première dessus...» La démonstration de René Battibugli, secrétaire adjoint de la Jeunesse, est implacable. C'est donc par souci d'économie que la Vieille Dame recycle sa tenue. L'argument du prix peut prêter à sourire au vu du standing d'un club comme la Jeunesse, mais n'est pas complètement réfutable pour d'autres moins aisés. C'est que le coût de l'impression d'un patronyme sur un maillot revient entre 4 et 6 euros. Pas grand-chose a priori, mais à cela s'ajoute l'impression d'autres noms. Celui des sponsors. Et là, si on ajoute le fait qu'il y a deux jeux de maillots (domicile/extérieur) la facture peut vite grimper! «Pour le flocage, il faut compter entre 44 et 50 euros par maillot», confie Thomas Gilgemann, responsable marketing d'un club niederkornois comptant pas moins de huit partenaires sur le tricot.



Un maillot de Beggen... à Pérouse



Mais cela n'a pas freiné un club qui voit les choses en grand et qui, en offrant davantage de visibilité à ses poulains, se donne les moyens d'en gagner également.Pour preuve, cette petite anecdote assez succulente datant de la saison dernière que nous conte Gilgemann : «Après les matches contre Differdange et le F91, des gens sont venus nous demander s'il était possible d'avoir des maillots au nom de... Poinsignon. Il n'avait pas marqué mais comme il court très vite, il s'était fait repérer par des spectateurs. On a dû en vendre six ou sept à son nom.» Pas mal quand on sait que la vente totale, la saison dernière, se situe autour de la cinquantaine d'unités. Pour booster les ventes, le club inaugurera samedi un fanshop au stade Jos-Haupert. «Pour créer une identité club et permettre aux supporters de s'y identifier un peu plus encore.» L'occasion pour les supporters de faire le plein d'objets à l'effigie des Jaune et Noir ou des Verts et Blanc (lire ci-dessous). Au Jos-Nosbaum, cela fait bien longtemps qu'il y a un fanshop mais le F91 ne gonfle pas sa trésorerie avec. Mais son secrétaire, Carlo Eyschen, est lui aussi convaincu de la nécessité de gagner en visibilité. «La saison dernière, on en a vendu... 20. Mais bientôt, ceux qui le souhaitent pourront acheter des maillots sur notre site internet. Pour l'instant, leur vente n'arrive qu'en troisième position derrière les écharpes et les casquettes.» Des casquettes, Damien Raths en porte une double. Patron de Raths Sport Managment, société en cheville avec la LFL, et président de Beggen, l'homme a une vision bien nette de la situation : «Dès notre création, on a reçu des mails de spectateurs au sujet des flocages de maillots. Les gens se plaignaient de ne pas forcément connaître ou reconnaître les joueurs.» Un sujet suffisamment important pour figurer à l'ordre du jour de la prochaine réunion de la LFL, prévue début septembre. «Très bientôt, les supporters pourront acheter leur maillot sur le site de la LFL» assure Damien Raths qui a expédié récemment un maillot de l'Avenir à... Pérouse. «Pour un collectionneur.» On est loin du début des années 2000 où – l'anecdote est authentique – pour récupérer le maillot commandé du CSG, un spectateur avait dû se rendre chez le sponsor principal du club. C'est- à-dire, à la boucherie...



Le Progrès vend ses tricots de Coupe d'Europe...



Samedi, lors de l'inauguration de son fanshop, le Progrès mettra en vente les maillots extérieurs de sa campagne européenne de cette saison. Non utilisé – puisqu'il a évolué à deux reprises dans ses habituelles couleurs jaune et noir contre les Shamrock Rovers – le club a décidé de vendre son jeu de maillot «extérieur» qui est vert et blanc. Une collection rare car il n'y aura que 25 maillots en vente. Tous floqués au nom d'un joueur. Son prix sera de 60 euros. Alors, ceux qui souhaitent acquérir un maillot de Cassan, Menaï, Thill ou autre Bossi savent ce qu'ils doivent faire : se pointer tôt avant le match contre le RM Hamm Benfica. Il n'y en aura pas pour tout le monde...



Le Progrès a trouvé une place, au milieu de ses sponsors, pour inscrire le nom du joueur sur le maillot. Photo : Julien Garroy


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