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Le Progrès a Dublin sur la planche - 07.07.2015

EUROPA LEAGUE (1er TOUR RETOUR) Après le 0-0 de l'aller, le Progrès Niederkorn va devoir dompter un Shamrock Rovers revanchard et aidé par une météo «so Irish».


Les Niederkornois, qui veulent passer un tour pour la première fois de l'histoire du club, sont arrivés hier matin en Irlande. D'abord détendus, ils ont ensuite compris qu'aller chercher une qualification ici n'allait pas être une mince affaire.



De notre envoyé spécial à Dublin Matthieu Pécot




Sébastien Flauss appréhende un peu les bourrasques de vent sur Dublin.
Photo Gerry Schmit/Tageblatt



Ce 0-0 est encore dans beaucoup de bouches niederkornoises et puisque personne ne sait trop quoi en faire, c'est le défenseur central Samuel Dog qui en fait la traduction : «On a fait 0-0 chez nous, ce qui veut dire que c'est à eux de faire le jeu. Et je ne pense pas que C ce soit leur point fort. Mais voilà, eux doivent gagner pour nous éliminer. Nous, on peut aussi passer avec un nul.»




Le Progrès s'est réuni très tôt hier matin par précaution. Il aurait été trop bête de rater l'avion alors que le club présidé par Fabio Marochi attendait de le prendre depuis 33 ans. Ce n'était pas les colonies de vacances, mais disons qu'il y a tellement d'enthousiasme dans ce groupe qu'on se demande si les plus jeunes n'ont pas prévu d'envoyer une carte postale à leurs parents pour leur raconter leur périple. Qu'importe, les Niederkornois n'ont pas du tout intérêt à perdre ce vent de fraîcheur sur le terrain. C'est même grâce à cela qu'ils ont bousculé Shamrock pendant une heure, mardi dernier au parc des Sports d'Oberkorn. Avec de l'envie, de la patience et aussi en bénéficiant d'un petit effet de surprise. Le premier problème qui vient se heurter aux plans niederkornois, c'est que, cette fois-ci, Shamrock ne pourra pas sous-estimer son adversaire. Il faut aussi reconnaître qu'il y a une semaine, les Irlandais, amoureux du pressing abusif à chaque entame de match, avaient très vite ressenti les effets pervers de cette stratégie les jours où la météo est caniculaire. Les Dublinois et leur peau de rouquin avaient rapidement été contraints de jouer sur les jantes. À la pause, ceux qui avaient la peau la plus fragile avaient profité de ces quinze minutes de répit pour se badigeonner de crème solaire, ce qui avait fait sourire Mickaël Garos et quelques autres bons observateurs du Progrès




Les peaux laiteuses cohabitent beaucoup mieux avec le ciel gris qu'avec un soleil de plomb. Voilà pourquoi les dix gros degrés qui séparent l'Irlande du Luxembourg devraient avantager les joueurs de Pat Fenlon. À Dublin, début juillet, la météo propose de grosses bourrasques de vent et une pluie qui tombe de manière irrégulière, mais qui arrose quand même la ville à peu près tout le temps. «La pluie, ça ne me dérange pas, mais le vent, je n'aime pas trop ça», avoue Sébastien Flauss, nouveau gardien niederkornois qui s'est montré rassurant à l'aller pour sa première. Hier soir, il a pu s'entraîner au Tallaght Stadium – qui se situe sur le trottoir d'en face de l'hôtel de la délégation niederkornoise – dans des conditions qui ressemblent à celles qu'on attend aujourd'hui. Les supporters irlandais, aussi, auront leur rôle à jouer. À l'image de leur équipe, ils s'étaient éteints au fur et à mesure que le match avançait. Cette fois-ci, ils accompagneront la vague de pressing que le Progrès n'avait pas eu d'autre choix que de subir mardi dernier, avant de relever la tête et de finir par se mordre les doigts d'avoir raté de peu par deux fois d'ouvrir le score par Pino Rossini. Changement de plan ce soir. «On doit montrer dès le coup d'envoi qu'on est là, estime le coach Olivier Ciancanelli. On sait que le plus dur, ce sera les 20 ou 30 premières minutes. Si on réussit à ne pas trop les subir, alors la suite peut être à notre avantage. On aura forcément des coups à jouer.» Preuve que le 2e tour n'est pas qu'un fantasme pour Niederkorn, le staff a déjà reçu de la documentation sur l'équipe norvégienne d'Odd Grenland, vainqueure surprise chez les Moldaves du Sheriff Tiraspol (0-3) la semaine passée. Et qui pourrait mettre les pieds au Grand-Duché prochainement. Pour cela, le Progrès sait ce qui lui reste à faire.




Bouzid capitaine




Le groupe qui est en train de se former au Progrès contient son lot de leaders. Parmi eux, Ismaël Bouzid, 31 ans, est particulièrement apprécié et respecté par ses coéquipiers. Voilà pourquoi le staff technique a décidé hier soir de lui confier le brassard de capitaine, qui était jusqu'ici autour du bras de Rigo. Le latéral droit, qui s'est blessé mardi dernier, avait alors donné le bout de tissu à Soares (qui n'est pas en Irlande pour cause d'obligations professionnelles). Le joueur formé au club avait fait belle impression avec cette responsabilité et passe n° 2 derrière Bouzid.






Ferino, infidèle au poste 


Un concours de circonstances a relancé Adrien Ferino comme défenseur droit, poste auquel il a gagné la Gambardella en 2010 avec le FC Metz.




Jusqu'à mardi dernier, 19 h 39, Adrien Ferino était un homme en colère : «N'ayons pas peur des mots, j'étais dégoûté et énervé. J'ai tout fait l'an passé pour qu'on soit européen et là, je me retrouve sur le banc. Et quand on m'y met, autant qu'on m'explique pourquoi, histoire que je bosse sur un point faible. Là, il n'y a rien eu.» Ferino, qui a, depuis, eu une discussion avec Olivier Ciancanelli pour «tout mettre à plat», a vu le coup venir durant l'intersaison, quand la charnière Bouzid-Dog s'est dégagée alors qu'il en était l'un des piliers les deux saisons précédentes. Et puis il a été 19 h 40 et Jonathan Rigo, capitaine J et latéral droit niederkornois, a dû sortir sur blessure. Ferino est alors entré sur le terrain comme un mort de faim et ce n'est pas lui qui établira un lien de causalité entre ce remplacement et la soudaine métamorphose du Progrès. Pourtant…


«Si ça va aux tirs au but, j'irai» 


À peine sur la pelouse, le joueur d'1,79 m se rassure en effectuant une passe en retrait de la tête à Flauss pas si évidente que cela. La suite confirme qu'il est dans le coup. «En entrant, je me suis promis de leur rentrer dedans et de me concentrer sur mes tâches défensives, explique-t-il. Puis en deuxième mi-temps, je me suis dit qu'il fallait que je pense à monter puisqu'ils n'étaient plus du tout dangereux.» Ce poste, le défenseur de 23 ans le connaît par cœur. «J'ai commencé défenseur central mais à 14 ans, puisque je n'ai pas eu une croissance rapide et que je ne faisais que 1,55 m, on m'a dit qu'il fallait que je joue latéral. On a aussi ajouté que je finirai par retourner dans l'axe, que c'était mon vrai poste», se souvient ce futur kinésithérapeute. Il fait alors son trou dans le couloir droit de la défense messine et est l'un des trois messins de cette génération («avec Gaëtan Bussmann et Anthony M'Fa, qui viennent de jouer une saison en Ligue 1») à ne pas rater la moindre minute de la Coupe Gambardella 2010, du 1er tour à la finale gagnée au Stade de France face à Sochaux (1-1, 4-3 tab). Durant cette campagne, l'équipe de Ferino passera trois fois aux tirs au but. Autant dire que si cet exercice était amené à se présenter, tard ce soir à Dublin, le blondinet ne se défilerait pas. «Si ça va aux tirs au but, j'irai, oui. Avec Metz, je n'avais pas tiré, mais l'an passé, j'étais prévu comme deuxième tireur derrière Jonathan Rigo.» Et comme ça lui réussit de passer après Rigo…  M. P.




Rovers 


Damien Duff a signé, mais... 





Heureusement pour les gars de Ciancanelli, Damien Duff, vieille gloire de Premier League (plus de 600 matches en Angleterre ainsi que 101 sélections avec l'Irlande), qui vient de signer à Shamrock (le club de cœur de sa vieille maman) après un passage en Australie, n'est pas encore qualifié et ne pourra pas jouer avant le 3e tour. Le Progrès ne regarde pas si loin : le 2e tour, face aux Moldaves de Tiraspol ou aux Norvégiens d'Odd Grenland, le fait déjà fantasmer.


 



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