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Le Progrès trouve un trèfle à quatre feuilles - 01.07.2015

 



 



 



 



 





 






EUROPA LEAGUE (1er TOUR ALLER) Devant le nombre des occasions franches, le Progrès, pour son grand retour aux joutes continentales, n'a pas pris de but. Il aura une vraie chance de qualification, mardi prochain, à Dublin.



En début de match, les Niederkornois n'ont maîtrisé ni la donnée physique ni l'investissement mental, avant de parfaitement redresser la barre et de prouver qu'il faudra compter avec eux pour le 2e tour.



De notre journaliste Julien Mollereau



Dans une semaine, Niederkorn aura sa chance. Parce qu'il y a plein de mauvaises explications qui peuvent expliquer qu'il ait autant fait souffrir les Shamrock Rovers, à commencer par la chaleur, mais la plus plausible, hier soir, restait tout simplement sa qualité de jeu, celle qu'il a démontrée tout au long de la saison 2014/2015. Ses recrues devaient magnifier l'ensemble et il aura, de fait, juste manqué de la réussite à Giuseppe Rossini pour ses débuts, pour prouver ce qui a sauté D aux yeux : les Jaunards ont enfin un avant-centre digne de ce nom. Et ils ont gardé tout le reste : une ligne défensive sérieusement solide malgré la sortie, très tôt sur blessure, de capitaine Rigo, et des gars à la baguette (Thill, Garos, Cassan) qui ont montré qu'ils peuvent aussi, à un tel niveau, avoir une influence sur un match et même carrément le prendre en main. C'est ce qui leur sera demandé à Dublin dans une semaine, où un petit but pourrait les qualifier, dans une ambiance qui s'annonce torride, non pas pour le climat cette fois, mais pour ses tribunes.



Au Tallaght Stadium, les Rovers n'ont, il est vrai, plus perdu le moindre match officiel depuis bientôt un an. L'absence européenne du Progrès aura duré 33 ans… et 26 minutes. Apparemment, après plus de trois décennies de sevrage, une petite demi-heure, c'est le temps qu'il faut pour se décoincer et jouer enfin son football. Avant une tentative de Menaï, dans le petit filet (26e), Niederkorn a bafouillé le sien, jouant bien trop bas, assassinant consciencieusement tout mouvement offensif par manque de précision et aussi, un peu, d'ambition. Voire, autant le dire, de trac mal placé.



«Mais le terrain était dans l'autre sens...»



Les hommes de Ciancanelli se sont toutefois rendus compte assez vite que ces Shamrock Rovers, qui ont manqué à trois (grosses) reprises d'ouvrir le score durant la première demi-heure et malgré leurs 18 matches de championnat dans les jambes, manquent de toutes les qualités requises pour être sûrs > d'être au 2e tour. Quand le Progrès a enfin remis le pied sur le ballon et qu'il a saisi que, depuis 1982, les dé- buts de campagne européenne sont bien plus accessibles aux «petits» clubs luxembourgeois, il a fait presque ce qu'il a voulu sur le terrain. Un poteau de Rossini (43e), deux sauvetages miraculeux de Hyland devant Rossini (46e) et Thill (74e) l'ont toutefois empêché de prendre un petit avantage, qui aurait été très largement mérité. À la pause, Fabio Marochi, le président du club, avait un sourire jusqu'aux oreilles en rappelant que c'était sur ce même stade «mais avec le terrain tourné dans l'autre sens» que le Progrès avait inscrit, jadis, le seul but de son histoire continentale, en 1982 contre les Irlandais (du Nord) de Glentoran (1- 1). Il y avait trop de coïncidences, dans bien des esprits, pour que Niederkorn n'en profite pas pour frapper un grand coup. Et c'est pour ça aussi qu'aujourd'hui, il est plus déçu de ne pas l'avoir emporté que ravi de signer, pour son grand retour à ce niveau, un match nul quasi historique pour lui. Il lui reste un acquis majeur : il n'a pas pris de but; et un souvenir : contre Glentoran, au retour, il en avait pris quatre. Mais on l'a dit, et ils l'ont prouvé, en 30 ans, les choses ont tellement changé…



LE FIL DU MATCH



Rossini, pas si loin d'un doublé



15e Bonne prise de balle de Waters, qui enchaîne avec une frappe croisée du gauche qui caresse le poteau gauche de Flauss. 18e Isolé, Brennan a tout le temps de placer une tête que Flauss, vigilant, intercepte. 24e Enrhumé par Cassan, Byrne tacle dans le vide, et intercepte le ballon de la main aux 18 mètres, plein axe. L'arbitre ne bronche pas. 27e Première initiative du Progrès : Menaï fixe son défenseur dans la surface, côté droit, mais écrase sa frappe qui passe à côté. 35e Une boulette du gardien irlandais, Murphy, permet à Rossini de récupérer le ballon à 20 mètres. Sa frappe du gauche finit sa course dans les nuages. 43e Une relance de Dog est déviée par Poinsignon. En première intention, Rossini lobe Murphy du gauche depuis l'extérieur de la surface. La balle rebondit sur le poteau droit et file en six mètres. 46e Festival de Poinsignon, qui efface quatre joueurs et centre en retrait pour Thill. La déviation du gaucher atterrit sur la tête de Rossini qui, dans une position idéale, ne trouve rien d'autre que les bras du gardien. 70e Servi en retrait par Rougeaux, Ferino allume à l'entrée de la surface. Ça passe au-dessus. 74e Dix-huit mètres, légèrement à gauche, Sébastien Thill envoie un amour d'extérieur du gauche, claqué main droite en corner par Murphy. 79e Thill se manifeste encore de 30 mètres. Le ballon passe légèrement au-dessus.





Hyland effectue l'arrêt du match devant Rossini, empêchant le Progrès de prendre un but d'avance avant le match retour. Photo : gerry schmitt/tageblatt



Sieste collective, réveil collectif



LE JEU, LES JOUEURS Les onze niederkornois ont souffert durant les vingt-cinq premières minutes, avant de montrer un bien meilleur visage.



LA DÉFENSE



Flauss 6 : Même quand il n'y a pas de danger devant son but, il se montre rassurant. Ses prises de balle et ses relances rapides à la main ont donné une idée des raisons qui ont poussé le Progrès à le recruter.



Rigo 4 : Il n'a pas complètement pu profiter de cette belle fête à cause d'une blessure au genou (lire par ailleurs) contractée en faisant une faute. Avant cela, il n'a pas réussi à monter comme il l'aurait voulu et n'a pas été irréprochable défensivement. Remplacé par Ferino (40e, 6), qui a montré, dans les secondes qui suivaient, qu'il était prêt pour ce rendez-vous en effectuant une tête en retrait pour Flauss. Globalement tranquille défensivement, il n'a pas hésité à se fourrer dans les bons coups offensifs, ce qu'on le voit rarement faire.



Bouzid 5 : Il a clairement été le patron de la défense, qu'il a dirigée par la voix. C'est dans ce domaine qu'il a été le plus précieux. Lors des 25 premières minutes où la défense du Progrès a pris l'eau, c'était moins ça.



Dog 6: C'est plus son sens de l'anticipation que ses centimètres qui ont rendu service à la défense niederkornoise. Sa tranquillité, aussi. Plus le match a avancé, plus il s'est senti à l'aise.



Soares 7 : Auteur d'un début de match honnête, il s'est métamorphosé quand il a pris le brassard de capitaine après la blessure de Rigo. Il a alors multiplié les efforts et les dé- doublements dans son couloir gauche. A bien combiné avec Thill. Malheureusement, il n'ira pas à Dublin la semaine prochaine, retenu par des obligations professionnelles.



LE MILIEU



Garos 6 : Son calme a contaminé son équipe en deuxième période. Imperturbable, même sous pression. Il n'est pas le baromètre de son équipe pour rien : les 20 premières minutes, il a souffert. La suite a montré une évidente montée en puissance.



Cassan 5 : Sa vista a permis au Progrès de se réveiller en première période. Mais il a doucement disparu de la circulation après la pause. Un de ces coups francs est passé juste au-dessus (50e). C'est de la patte de ce type de joueur que pourrait se faire la différence au retour.



Thill 7 : C'est lui qui a tenté de faire la différence en fin de match, par un extérieur du gauche que le gardien a sorti par une prouesse (74e) puis par une frappe lointaine qui a flirté avec la barre (79e). Il n'a pas cherché à en faire des tonnes. Sa technique sûre est un atout précieux dans ce type de match.



 L'ATTAQUE



Poinsignon 5 : Trop brouillon pendant les 45 premières minutes, il a fait lever le stade grâce à une chevauchée lors de laquelle il a dribblé quatre joueurs, initiant l'action où Pino Rossi a buté sur Hyland (46e). Quelques récupérations bien senties. Remplacé par Fiorani (80e), à l'appétit offensif énorme.



Rossini 5 : Son lob en première intention était grandiose, mais il a fini sur le poteau (43e). Aurait aussi pu marquer de la tête dans une position très avantageuse (46e). Il sera héros un autre soir. Hier, il a montré que sans être énorme, il savait se placer au bon endroit au bon moment. Malheureux dans le dernier geste, voilà tout.



Menaï 6 : De loin, l'attaquant qui a été le plus efficace des deux côtés du terrain. Il a su trouver le juste milieu entre l'initiative et la sécurité. S'est même parfois fait engueuler car il jouait trop bas. Remplacé par Rougeaux (68e), qui avait débuté sur le banc à la surprise générale.



Matthieu Pécot.



VESTIAIRES



«On a énormément de regrets» C'est, d'assez loin, un sentiment de regret qui anime l'ensemble du club niederkornois à l'issue de la rencontre.



Fabio Marochi (président du Progrès) : «Avant le match, on aurait signé tout de suite pour un résultat comme ça. Après le match, on se dit qu'on aurait dû gagner. On doit aller en Irlande pour jouer comme on sait le faire et sans avoir peur. On peut les battre. En tout cas, il faut y aller pour les battre.»



Olivier Ciancanelli (entraineur du Progrès) : «Je suis un peu frustré. On ne va pas dire qu'ils ne nous ont rien montré, mais bon... Une fois qu'on a digéré les 20 premières minutes où, comme prévu, on a été mis sous pression, on a alors inversé la tendance. Il nous a juste manqué le grain de folie qui aurait pu faire basculer le match. Je ne dis pas qu'on aurait pu en mettre 36 ce soir, simplement un ou deux. Ça, on aurait tout à fait pu le faire.»



Samuel Dog (Progrès) : «On a énormément de regrets, dans le sens où on a bien maîtrisé notre sujet. Autant on était timorés en première période, autant on aurait clairement dû marquer en deuxième période. On a un double sentiment, parce que tout le monde nous voyait en dessous de cette équipe des Shamrock Rovers. Maintenant, c'est du 50/50, mais je suis optimiste. Là- bas, on va le faire.»



Giuseppe Rossini (Progrès) : «On garde un goût amer au nombre d'occasions de but. Espérons un exploit là-bas. Il suffirait de marquer pour leur mettre un sérieux doute. Ce soir, j'ai eu du mal à gérer la chaleur. Je touche le poteau, puis je rate une grosse occasion. Personnellement, je sors avec des regrets. Faire 0-0 à domicile, c'est un bon résultat mais j'espère qu'on ne paiera pas au retour les occasions qu'on a ratées.»



David Soares (Progrès) : «C'est une fierté d'être un jeune formé au club et de jouer ce genre de match. Quand j'ai pris le brassard, je me suis dit que je devais représenter tout le club. Oui, j'ai senti que j'étais plus entreprenant à partir de ce moment-là.



Recueilli par J. M. et M. P.



             PROGRÈS - SHAMROCK ROVERS 0-0                



Parc des sports d'Oberkorn. Pelouse moyenne. Arbitrage de M. Havohannisyan (Arm) assisté de MM. Ghazaryan et Ghushchyan. 1 451 spectateurs payants. Carton jaune : Garos (61e) au Progrès. PROGRÈS : Flauss - Rigo (40e Ferino), Bouzid, Dog, Soares - Garos, Thill, Cassan - Menaï (68e Rougeaux), Rossini, Poinsignon (80e Fiorani). SHAMROCK ROVERS : Hyland - Madden, Webster, Clancy, Byrne - Cregg, Mc Cabe - Waters (75e D. Kavanagh), Miele (82e C. Kavanagh), Brennan – Drennan.



Rigo, c'est inquiétant



Le capitaine niederkornois Jonathan Rigo pourrait bien avoir sérieusement compromis son début de championnat, hier, en raison d'un choc avec Brennan dans lequel il est fautif, mais qui a vu sa jambe rester bloquée sous le corps de l'Irlandais. Il n'a pas tenu plus de cinq minutes après ce duel, obligé de quitter ses partenaires à la 40e, remplacé par Ferino, contraint de s'adapter (ce qu'il a bien fait) à un peu habituel poste de latéral droit. Mais le rythme auquel est sorti le Français et ses grimaces n'augurent rien de bon à un mois de la reprise. Une grosse entorse, à ce moment de la saison, ça n'est pas bon du tout, et même dangereux, y compris pour un titulaire en puissance.





Photo Luc Cordebar/FCPN



 



 



 


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