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On veut bouffer de l'Irlandais! - 30.06.2015

Le Quotidien Les Sports du 30-06-2015 Matthieu Pécot



On veut bouffer de l'Irlandais!



EUROPA LEAGUE (1er TOUR ALLER) Trente-trois ans après son dernier match européen, le Progrès Niederkorn est déterminé à mener la vie dure aux Irlandais de Shamrock Rovers. Son coach, Olivier Ciancanelli, est chaud.



L'idée du Progrès est simple : tenir en respect Shamrock de manière à garder un espoir de se qualifier, mardi prochain à Dublin. Les 1 940 spectateurs qui rempliront le Parc des Sports d'Oberkorn n'en demandent pas tant.



Jean-Paul Defrang, Camille Hentzen, Jean Schmitz, Marcel Bossi, Jean-Paul Bossi, Guy Back, Henri, Bossi, Josy Schmitz, Roland Thill, Patrick Zieser, Camille Neumann, Johny Mancini, Alain Nuremberg. Le 29 septembre 1982, ces treize gaillards participaient au dixième et dernier match européen du Progrès Niederkorn, chez le Servette Genève. Ils ne pensaient certainement pas qu'il allait falloir attendre près de 33 longues années avant de revoir les Jaune et Noir fouler une pelouse européenne. Pour rattraper le temps perdu, le Progrès compte rivaliser avec Shamrock Rovers. Après tout, le club de Fabio Marochi ne compte qu'un match nul en dix confrontations européennes et une victoire permettrait un peu plus à cette génération d'entrer dans l'histoire du club. Elle l'est déjà, et l'engouement autour de ce match en est témoin. Le stade sera plein ce soir et il n'y aura pas que des nostalgiques des années 80 dans les tribunes, mais bien des supporters fermement décidés à voir Niederkorn s'imposer. Olivier Ciancanelli chauffe l'ambiance : «Cela fait 33 ans qu'on n'est plus là. Il n'est pas question de jouera avec le frein à main. On doit se lâcher, on veut bouffer de l'Irlandais.» L'entraîneur niderkornois sait que la tâche ne sera pas aisée, même s'il a trouvé des failles dans le jeu adverse. «C'est une équipe qui n'a pas un style trop britannique, sauf dans l'agressivité. Elle fait un pressing fou pendant les 25 premières minutes, à domicile comme à l'extérieur. La contrepartie, c'est que ça ne défend pas toujours», analyse-t-il. Des recrues déjà attendues Pour encadrer l'équipe, le club a misé sur Cédric Lécluse, adjoint de Ciancanelli, mais aussi et surtout deux joueurs qui seront titulaires ce soir : Sébastien Flauss dans les buts et Giuseppe «Pino» Rossini en pointe. Le buteur italo-belge a marqué dans chacun des deux matches amicaux que le Progrès a remportés face à des équipes en chantier de Differdange (3-0) et du F91 (3-1). «Il en impose physiquement et c'est aussi un vrai buteur, un profil qui nous manquait», se félicite Ciancanelli. L'une des clés de la rencontre de ce soir se trouvera peut-être dans le domaine physique : Shamrock est en plein championnat, le Progrès a repris l'entraînement il y a un peu plus de deux semaines. Qu'importe, les Luxembourgeois n'en sont pas à anticiper un malheur mais bel et bien à préparer un exploit. Tout dans leur attitude montre qu'ils ont hâte d'en découdre. Trente-trois ans, c'est long, mais ce sont bien les dernières heures qui semblent les plus pénibles. Pour se donner l'impression de maîtriser ce paramètre, le club, sur sa page Facebook, a mis un lien vers un site où un décompte arrivera à zéro, ce soir, à 19 h pétantes. C'est à cette heure-là que tout un peuple se mettra à table.



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Bon, O. K., j'étais un peu jaloux



Milieu de terrain formé au club, Sébastien Thill (21 ans) se délecte de voir le Progrès faire autre chose de son été que bronzer.



Que représente l'Europa League pour vous? Sébastien Thill : C'est une fierté de pouvoir jouer cette compétition avec le Progrès. Tous les membres du club, à tous les étages, ont travaillé dur pour qu'on en arrive là. Quand Differdange, Dudelange, le Fola ou la Jeunesse disputaient des matches de Coupes d'Europe ces dernières années, que faisiez-vous? Je les supportais! J'étais content pour eux. Bon, O. K., j'étais un peu jaloux. J'avais hâte que notre tour arrive. Comme tous les Luxembourgeois de mon âge, les moments qui m'ont marqué sont le match de Differdange contre le PSG (2010) et celui du F91 face à Salzbourg (2012). Est-ce encore plus particulier de disputer une compétition européenne avec son club formateur? C'est encore plus beau, oui. Dans l'effectif, il y a Paul (Bossi), David (Soares), moi et aussi un peu mon frère (Olivier). Ça fait 33 ans que Niederkorn attend ça. Les anciens, qu'ils aient participé à ces matches comme joueurs ou en tant que spectateurs, ils sont contents. Nous voir en Europa League leur rappelle de bons souvenirs. Maintenant, je peux dire que je fais partie de l'histoire du Progrès. Sentez-vous que le club a franchi un cap cet été, en recrutant par exemple un joueur comme Rossini? C'est clair que les recrues changent pas mal notre visage. J'apprends beaucoup aux côtés de Rossini et Bouzid. Rossini, j'observe ses prises de balle, ses déplacements... Mais je dirais que l'évolution du club ne date pas de cet été. Cela fait deux ou trois ans qu'on est sur cette voie. On voit qu'on est en train de grandir à des choses toutes bêtes. Avant, par exemple, chacun venait à l'entraînement avec la tenue qu'il voulait. Maintenant, on a de vrais équipements pour l'entraînement, ça fait plus sérieux. Que connaissez-vous de Shamrock? Au début, rien du tout! J'ai vu leur palmarès sur internet. Ça a l'air de jouer physique, un peu comme en Écosse ou même comme chez nous! Vous avez 21 ans et déjà 121 matches de DN. Aspirez-vous à voir d'autres choses que le Progrès dans votre carrière? Pour l'instant, je suis content à Niederkorn. Si on s'installe dans le top 4 tous les ans, il n'y a pas vraiment de raison d'aller voir ailleurs. Voyez-vous aussi l'Europa League comme une compétition qui peut vous rapprocher de l'équipe nationale? Je pourrais déjà jouer en équipe nationale. Il y a des joueurs de Promotion qui sont appelés, alors pourquoi pas moi? Je trouve un peu injuste qu'aucun joueur du Progrès ne soit appelé. Comment se passe l'intégration de votre frère Olivier (18 ans), arrivé cet été de Rodange? Je le laisse se démerder tout seul. S'il a besoin d'un conseil, je suis là, mais il faut qu'il se fasse sa propre expérience, c'est un grand garçon.



Recueilli par Matthieu Pécot



Son père a déjà joué contre Porto et Marseille



Parce que ses parents, Serge et Nathalie, ont tous les deux été internationaux, Sébastien, l'aîné des quatre frères Thill, n'est pas du genre à se laisser impressionner par l'Europa League. Peut-être parce qu'il sait que son père a déjà fait mieux. C'était lors de la saison 1991/1992 et l'Union Luxembourg trébuchait dès son entrée en matière en Champions League face à Marseille (deux fois 5-0) et contre le FC Porto (1-4 but de Frank Deville puis 5-0). «Mon père m'a montré la cassette et il y a encore des traces de ce moment sur YouTube. Il y avait encore plus de supporters à l'époque. Mais là, on va jouer à Oberkorn et ça me va. Ça fera plus de bruit que si on avait joué au Josy-Barthel», estime Thill.





Rossini a bien failli ne pas jouer



La recrue phare du mercato niederkornois a failli ne pas être qualifiée pour le match de ce soir, la faute à une négligence administrative de Charleroi, son ancien club.



Ouf, Pino Rossini sera bien là, ce soir, avec son 1,93 m, ses 91 kilos et ses gros muscles. La recrue italo-belge arrivée cet été a pourtant eu le temps d'avoir peur de manquer ce rendez-vous, quand vendredi, l'Union royale belge des sociétés de football (URBSFA), autrement dit la fédération belge, a fait savoir au Progrès Niederkorn qu'un souci administratif empêchait Rossini de jouer pour le Progrès avant le 1er juillet. Rappel des faits : il y a cinq semaines, Pino Rossini décide de mettre fin à son aventure à Charleroi, qui l'avait prêté les six derniers mois à Louvain, et de parapher un contrat de quatre années au Progrès Niederkorn. Puisque son contrat belge est censé courir jusqu'au 30 juin, les dirigeants niederkornois prennent les devants et viennent O avec un document signifiant que le joueur appartiendra au club luxembourgeois dès le 16 juin. «On avait tout prévu, puisqu'on avait eu exactement le même cas de figure trois semaines plus tôt avec Sébastien Flauss. Les dirigeants de Neunkirchen avaient signé notre papier et c'était réglé. Mais là, les gens de Charleroi nous ont dit qu'ils allaient faire ça de leur côté, qu'il n'y avait pas de problème», raconte le directeur sportif Thomas Gilgemann. Une soufflante passée à Charleroi Quand le fax de l'URBSFA est tombé vendredi, Pino Rossini est devenu le héros de la journée, à son insu. Comme si les retrouvailles avec la Coupe d'Europe ne généraient pas assez de boulot pour les dirigeants du Progrès, il a fallu réparer ce couac en multipliant les coups de fil et les envois de mails. Du côté de la Belgique, on suggérait, dans un premier temps, au Progrès, de patienter, arguant que l'équipe pourrait de toute façon compter sur son buteur pour le match retour. «Charleroi a finalement réparé son erreur et nous a envoyé le document dont on avait besoin», soupire Gilgemann, qui s'est chargé de passer une soufflante à ses homologues carolos pour marquer le coup. Que les supporters du Progrès se rassurent : Pino Rossini sera bien là ce soir. M. P.



Après une riche carrière en Angleterre, les deux n° 6 de Shamrock sont rentrés au pays.



McPHAIL : UNE DEMI-FINALE DE LIGUE DES CHAMPIONS AVEC LEEDS



Stephen McPhail a marqué, à sa manière, le foot irlandais. Sa carrière internationale est honorable (10 sélections, 1 but), mais voilà onze ans qu'il n'a plus mis les pieds en sélection. Le milieu défensif vit surtout de ses prestations en club et c'est d'ailleurs ce qu'il a à peu près toujours fait. Lorsqu'il quitte Dublin et son centre d'entraînement, la Home Farm Academy, à 15 ans, il ne se doute pas que le contrat amateur qu'il signe à Leeds va le mener dans les plus hautes sphères du football européen. En 2001, il participe à l'épopée de Leeds en Ligue des champions. Les Peacocks s'arrêtent en demi-finale, battus par Valence, qui s'inclinera en finale face au Bayern Munich. À l'aller comme au retour, le coach de Leeds, David O'Leary, n'effectue pas le moindre changement. Les héros s'appellent Mark Viduka, Michael Bridges, Lee Bowyer ou Harry Kewell. McPhail fait partie des cinq Irlandais de la bande, à la tête desquels figurent Ian Harte et Robbie Keane. Stephen McPhail n'a pas l'aura d'un Robbie Keane, mais sa science du placement et son agressivité lui ont permis d'exister à ce niveau à une époque où son gabarit (1,73 m, 75 kilos) était moins bankable que depuis l'avènement de Xavi et d'Iniesta. À 35 ans, «Macca» qui a joué 106 matches pour Leeds et 222 pour Cardiff, a encore de beaux restes. Et l'Europa League est une compétition qui lui paraît parfois toute petite.





FAHEY : LE JOUR OÙ IL A FAIT PLEURER ARSENAL



Que le Progrès évite de faire des fautes aux abords de sa surface : Keith Fahey est un redoutable tireur de coup franc. Pour preuve, ce bijou face au pays de Galles (3-0). C'était en fé- vrier 2011 et comme pour chacune de ses 16 sélections (3 buts), son coach s'appelait Giovanni Trapattoni. L'Italien en a même fait son tireur de penalty un soir de mars 2011 à l'Aviva Stadium de Dublin, contre l'Uruguay de Forlan, Godin et Cavani (défaite 2-3). Keith Fahey est plus là pour briser les clichés que les jambes. Il est milieu de terrain axial pour éclairer le jeu de son équipe et pas pour distribuer les tacles et les gifles. C'est d'ailleurs grâce à ses qualités de footballeur qu'il a pu faire son trou à Birmingham (144 matches, 9 buts) entre 2009 et 2013. À 32 ans, le joueur qui a passé deux ans au centre de formation d'Arsenal de 15 à 17 ans, n'a jamais réussi à percer chez les Gunners. Onze ans après avoir quitté le club londonien, il tenait sa revanche, le 27 février 2011, en soulevant la League Cup après une victoire épique face à l'Arsenal de Wenger et van Persie (2-1).



CÔTÉ TRIBUNES



La prévente organisée par le Progrès Niederkorn est un franc succès. Hier, 400 billets ont trouvé preneur. Si bien que sur les 1 940 places assises que comporte le Parc des sports, seules 300 restent disponibles. Autant dire que les retardataires ont intérêt à arriver tôt ce soir! SOARES N'IRA PAS À DUBLIN Olivier Ciancanelli a retenu un groupe de 18 hommes pour ce soir. Manquent à l'appel Paul Bossi (retour de vacances), Christophe Cunha (genou), Fabiano Castellani (raisons professionnelles) et Dino Ramdedovic, suspendu pour l'aller et absent au retour pour des raisons professionnelles. David Soares, titulaire ce soir, manquera aussi le voyage à Dublin à cause du boulot. Plus que 300 places disponibles.





Le groupe : Hyland, Murphy - Clancy, Madden, Webster, Byrne, Cregg, Blanchard, McCabe, McPhail, Miele, R. Brennan, Waters, Murphy, McCaffrey, G. Brennan, O'Connor, C. Kavanagh, D. Kavanagh, Boyd.



 



 



Les articles en PDF :

Le Quotidien Supplément sport du 30.06.2015 : Progressiv no fir !

Le Quotidien Supplément sport du 30.06.2015 : Interview de Sébastien Thill


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