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Blanchard, fighting spirit - 25.06.2015

Maxime Blanchard, Français de 28 ans, évolue au Shamrock Rovers, club de Dublin



Maxime Blanchard se frottera à l'attaquant niederkornois Giuseppe Rossini, mardi, au Parc des Sports. (Photo DR)



«J'ai déjà vu des mecs perdre leurs dents»



EUROPA LEAGUE (1er TOUR) Défenseur français arrivé au Shamrock Rovers en novembre, Maxime Blanchard, futur adversaire du Progrès Niederkorn, raconte son amour pour la culture anglo-saxonne.



Le joueur de 28 ans, qui a réussi ses premiers pas dans le club de Dublin, a «pris goût à l'engagement» en Angleterre, un pays qui correspond plus à ses valeurs que la France.



Comment un joueur formé en France peut-il atterrir en Irlande?



Maxime Blanchard : J'ai passé quatre années en Angleterre : une à Tranmere, en League One (D3), trois à Plymouth, en League Two (D4). Bizarrement, je me suis retrouvé sans contrat alors que je sortais de trois saisons pleines (NDLR : il a joué 104 matches de championnat avec Plymouth). Je devais aller à Saint Mirren en D1 écossaise mais je me suis ouvert la jambe là-bas. Du coup, je n'ai pas signé et ils sont descendus. Oui oui, c'est lié! J'ai fini par aller au Shamrock parce que mon frère est installé à Dublin depuis quelques temps. Il a ses trois enfants et ça me permet de les voir plus ré- régulièrement qu'avant.



Vous aimez le football anglo-saxon ou cette carrière relève du hasard?



J'ai beaucoup joué en France au niveau National (NDLR : près de 100 matches à Laval, Sannois Saint-Gratien et Moulins de 2006 à 2010). J'en ai eu marre et comme j'ai toujours eu envie de jouer en Angleterre ou en Écosse, j'ai tenté ma chance. Petit, je préférais voir jouer le Celtic et son You'll never walk alone que Monaco dans son stade vide. Le National en France est un championnat laissé pour compte. Il n'y a aucune médiatisation. En D3 anglaise, quand tu vas à Southampton ou Sheffield Wednesday, tu joues devant 30 000 personnes... Après, c'est sûr qu'au niveau du foot pur et dur, je préfère mater le Barça.



Quand on n'est pas expert en foot irlandais, on imagine un championnat où le kick and rush est très présent...



Et pourtant, ce n'est pas vraiment le cas. Pour l'instant, je vois des équipes qui essaient de jouer au ballon. En Irlande, techniquement, c'est pas mal. Je parle surtout des équipes du top 6. C'est aussi ce qui m'a attiré. En Angleterre, c'est très physique, le jeu est très direct, il y a des coudes qui volent.



On gagne bien sa vie en jouant au foot en Irlande?



Ce n'est pas un eldorado économique. Il y avait pas mal d'argent il y a une quinzaine d'années, mais cette ligue a été laissée en jachère. Mon jugement est assez frais, je ne suis arrivé ici qu'en novembre. Je sais qu'ils essayent de remonter la pente, mais ce n'est pas simple...



Quelles conséquences ces quatre années passées en Angleterre ont eues sur votre jeu?



J'ai pris goût à l'engagement. En France, chacun joue sa petite partition tranquillement. En Angleterre, mon premier match était en League Cup contre Swansea. Mais c'est le deuxième qui m'a marqué à Dagenham & Redbridge. Quand il y a un hors-jeu, normalement, il y a un petit temps mort. Là, les défenseurs sprintaient pour monter. J'ai déjà vu des mecs perdre leurs dents. Il y a quelques jours, je regardais à la télé un match de play-off en League Two. Un gars est sorti avec 17 points de suture sur le front. On voyait son crâne. Quatre jours plus tard, il jouait le match retour. J'ai moi-même eu des commotions cérébrales, tout ça. Ces types de blessures, on les voit plus en Angleterre qu'ailleurs.



Il se dit qu'il y a une belle ambiance dans les tribunes de Shamrock...



Il n'y a pas énormément de public comparé à l'Angleterre, mais le club est le plus titré du pays et on nous supporte partout. Et pour le coup, les gens font du bruit dans les tribunes, ça chante beaucoup. À côté de ça, je suis incapable de dire si le club est pro ou pas. Si ce n'est pas le cas, il y aspire. On s'entraîne tous les matins et les infrastructures sont plutôt bonnes.



Vous avez marqué déjà trois buts depuis le début de la saison et c'est déjà votre record en carrière... Une explication?



J'ai toujours été bon dans les duels. Même en League Two, mes statistiques étaient très correctes dans ce domaine. Je mesure 1,83 m pour 82 kg et ça me saoule quand un coach dit qu'il cherche un mec de telle taille à tel poste. Le foot, c'est plus complexe que cela. J'ai joué contre des gars d'1,95 m et 100 bons kilos de muscle et ça ne s'est pas pour autant mal fini pour moi.



Contre le Progrès, vous allez vous retrouver contre un joueur plutôt costaud, Giuseppe Rossini (1,93 m, 84 kg)...



Le duel, j'ai appris à aimer ça. Le duel, j'ai appris à aimer ça.



Quelle a été la réaction de votre club quand il a vu qu'il affrontait le Progrès Niederkorn?



Le club s'est dit que c'était bien dans le sens où ce n'est pas très loin. Il est content de ne pas se taper un vol interminable au Kazakhstan. 



 Et vous, que connaissez-vous du Luxembourg?



J'ai trois copains qui ont joué ou jouent au Luxembourg, dont Losséni Keita, du Fola, qui va essayer de venir me voir. Les deux autres sont Mickaël Négi et Gaël Maia (NDLR : respectivement défenseur de Canach et ancien joueur de Pétange). Je ne connais rien d'autre mais je n'ai pas d'a priori. Avant le tirage, je ne connaissais que deux clubs, Differdange et Dudelange car je savais qu'ils avaient fait parler d'eux en Coupes d'Europe ces derniè- res années. Je me doute qu'il y a des bons joueurs à Niederkorn. J'ai vu par exemple qu'il y avait Ismaël Bouzid, qui a fait une belle carrière



Vous avez signé un an au Shamrock Rovers. Comment voyez-vous la suite?



Je ne ferme aucune porte. Il y a beaucoup de destinations intéressantes culturellement. Les Anglais pensent que seule l'Angleterre existe. Alors que l'Irlande, ce n'est pas si mal que ça.



 



 



 



 


 


 


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