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Le F91 a failli tout perdre - 27.04.2015

Àforce de se faire pipi dessus, le F91 s'est liquéfié, hier, au coup de sifflet final. C'est plus qu'un ouf de soulagement qu'a poussé le champion en titre, qui a bien manqué de tout perdre, hier, au stade Jos-Haupert. Dans l'ordre  : son match, deux ou trois points en fonction de la tolérance qu'on peut avoir pour ce genre de succès tiré par les cheveux et carrément son titre de champion. Rien que ça.





Au lendemain de la victoire du Fola sur Ettelbruck, au moment d'entrer sur la pelouse avec sept points de retard sur la tête du championnat et donc avec une pression grosse comme ça, Sébastien Grandjean se serait en effet bien passé de revoir émerger son F91 version fin d'année 2014, celui qui était souvent largué, triste offensivement et même très léger défensivement. On pensait cet ersatz dudelangeois loin derrière, rangé aux oubliettes d'un début de saison mal maîtrisé, il a resurgi au plus mauvais moment. Mais heureusement pour lui, désormais, quand le F91 fait très mal les choses, il les fait en équipe et c'est son mental (avec un poil de chance) qui lui ont sauvé la vie.



Sept occasions nettes



en 1 re pour le Progrès





Restons sobre et mesuré  : Niederkorn a mangé tout cru le champion en titre dans les duels et la créativité en première période et ce Progrès-là ne peut se reprocher qu'une chose, c'est de n'avoir pas assez profité de ses énormes temps forts.



Après l'ouverture du score dudelangeois sur un centre bien dosé de Laurienté sur la tête de Da Mota dans le dos de Ferino (0-1, 13 e ), on n'y a plus vu que du Niederkorn, mais il lui a fallu six tirs cadrés pour revenir au score et c'est sans doute ce qui le sépare encore des équipes du top  3.



Le réalisme, ça s'achète, et le Progrès va y mettre un peu d'argent la semaine prochaine pour signer un vrai buteur qui « vient de loin », dixit le duo chargé du recrutement, Thomas Gilgemann et Henri Bossi. En attendant que cette perle rare ne débarque, la saison prochaine, Niederkorn est incapable de donner du relief à l'emprise qu'il peut avoir sur un match. Après trois grosses parades de Clepkens (20 e , 21 e et 24 e ) sur autant de tirs très menaçants, Cassan a enfin surgi au deuxième poteau pour couper un long coup franc de Bossi (1-1, 26 e ). Au lieu d'en rajouter une couche, les hommes de Ciancanelli se sont tricoté un beau matelas d'occasions ratées  : Prempeh dévie du bout du pied un missile à bout portant de Bossi (31 e ), Poinsignon rate son contrôle en extension seul devant Clepkens (33 e ) et Garos frôle le montant (36 e ). Bref, c'est regrets éternels, mode d'emploi...



Clepkens, remplaçant mais héros





Niederkorn manque de réussite mais pas de vice. Ses jardiniers ont, semble-t-il, consciencieusement laissé l'herbe pousser dans la semaine et cette dernière a atteint une hauteur impeccable pour freiner le rouleau compresseur qu'aurait dû être le F91. Au retour des vestiaires, il ne le sera qu'à moitié. Et ratera lui aussi quelques situations intéressantes (48 e , 51 e , 56 e ) avant qu'un Karapetian admirable de dévouement défensif ne surgisse au nez et à la barbe de Dog pour catapulter le ballon au fond d'un plat du pied appuyé, sur centre de Da Mota (1-2, 77 e ).



Agacé par son laxisme, voyant qu'il s'apprête à se faire refaire par le F91 comme lors de l'aller, comme lors de ses deux confrontations face à Differdange aussi, parce qu'il n'est tout simplement pas assez mûr, le Progrès a une réaction d'orgueil bienvenue mais toujours aussi inefficace. Si Castellani doit encore annihiler du genou une occasion en or de Karapetian (86 e ), Niederkorn passe quatre fois au bord de l'égalisation dans les cinq dernières minutes, jusqu'à un sauvetage de Clepkens sur sa ligne à la 94 e minute. Le championnat a failli basculer au Jos-Haupert. Mais le Progrès n'était pas encore assez prêt pour ça...





Olivier Ciancanelli (coach du Progrès) : «On manque de réussite. Si on avait fait au moins un nul, c'était presque fait pour la 4 e place, mais là, il nous reste six points, sept si on considère le goal-average. C'est un beau matelas. On grandit lentement. Et quand on l'aura fait, on gagnera ce genre de matches au lieu de le perdre.»



Olivier Cassan (Progrès) : «C'est encore nous qui perdons. On doit apprendre à gagner ce genre de matches parce qu'on est trop naïfs. Contre des équipes comme ça, ça ne pardonne pas.»



Lévy Rougeaux (Progrès) : «On manque encore de réalisme. Mais on a prouvé qu'il faudra compter avec nous la saison prochaine!»



Michaël Clepkens (F91) : «C'est une équipe étonnante ce Progrès, qui joue un superbe football. Enfin une équipe qui joue contre nous au lieu de nous attendre. On a de notre côté réagi comme une équipe, comme un groupe soudé. On s'est battus comme des fous. C'était peut-être le match de l'année pour nous.»



Alex Karapetian (F91) : «C'était très dur! Et c'aurait sûrement été notre dernière chance pour le titre si on n'avait pas gagné.»



Le Quotidien vom Montag, 27. April 2015


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