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Et à la fin, c'est encore Differdange qui gagne - 19.03.2015

Niederkorn a cédé sur deux perforations plein axe à des moments vitaux qu'il a encore du mal à gérer. On se donne rendez-vous pour la saison prochaine?

Le jaune est trop jeune. S'il y avait un jour où il se devait de frapper fort dans sa quête à l'Europe, c'était hier soir, dans le derby. Or s'il n'y a plus la moindre différence de qualité –  hormis dans le réalisme  – entre lui et le FCD03, il y en a encore une, très nette, dans la maturité. Et si Marc Thomé reconnaissait avant le coup d'envoi que son Differdange est encore, à ses yeux, trop court pour le titre, force est de constater que Niederkorn, lui, est encore un peu juste pour le seul podium et donc l'Europa League, son graal à lui.



Il ne lui manque pas grand-chose. Mais déjà, et c'est beaucoup, un soupçon de concentration dans les moments cruciaux. Ceux qui suivent son ouverture du score et ceux qui précèdent une mi-temps sont en général assez importants, dans la gestion d'un tel événement. En tête après vingt minutes d'une exceptionnelle qualité de jeu (dont un changement d'aile de Bossi vers Poinsignon qui sert Menaï en retrait sur un plateau, 1-0), le Progrès rentrera aux vestiaires avec l'obligation, malgré tout, de devoir courir après le score. La faute à deux perforations differdangeoises plein axe qui se termineront très mal. La faute à Er Rafik, six minutes seulement après l'ouverture du score, qui slalome entre quatre joueurs pour lancer Yéyé, dont le centre est poussé au fond de son propre but par un Rigo irréprochable car mal renseigné par ses partenaires (1-1, 25 e ). La faute à Yéyé ensuite, qui refait la même, à la 45 e  minute, en perforant le premier rideau défensif pour s'appuyer sur Caron, dont la remise en une touche dans la course d'Er Rafik sera littéralement fatale (1-2). « Oui, on manque d'expérience à ce niveau, avoue Olivier Ciancanelli. On bricole des relances au lieu d'exploser le ballon dans les sapins et d'attendre tranquillement la deuxième période



Cinq victoires



en six matches



Après la pause, le Progrès aura quatre énormes occasions de revenir au score. Il ne les saisira pas, laissant le FCD03, déjà vainqueur de quatre de leurs cinq derniers duels, prendre quatre longueurs d'avance au classement et donc une option sur l'une des trois premières places.



Ce n'est sûrement pas l'idée du derby que se faisaient les jaunards, maîtres de leur sujet dans le jeu, mais seulement dans le jeu. Ça s'appelle payer pour apprendre. Même si perdre un derby pour deux erreurs d'inattention, cela fait quand même assez cher...



Jonathan Rigo (Progrès) : «C'est une grosse déception. On ne doit pas perdre, on leur donne clairement deux buts. Sur le premier, personne ne me parle pour me dire qu'il n'y a personne dans mon dos, mais il y a aussi une maladresse de ma part. Moi, je pense qu'il y a trois ou quatre gars derrière moi. Pour l'Europe, ce n'est pas fini. Il y a encore des équipes qui vont commettre des erreurs. À nous d'être irréprochables.»



Ismaël Bouzid (Progrès) : «On mérite nettement la victoire, mais il nous manque de la réussite. On a tout donné mais on prend deux buts de merde. On peut sortir la tête haute.»



Olivier Ciancanelli (coach du Progrès) : «En deuxième période, on voit qu'on peut et qu'on sait dominer. Mais c'est la première qui nous tue tout. On est mal récompensés. Je ne comprends pas qu'on me dise que c'est fini pour l'Europe. Il reste 21 points à aller chercher. À nous d'aller les prendre là où on ne les a pas encore pris.»



Adrien Ferino (Progrès) : «On a maîtrisé la rencontre mais ça n'a pas suffi. On perd sur deux grosses erreurs. Notre prestation était bien meilleure qu'à Mondorf (NDLR  : défaite 1-0). L'autre bon côté de la soirée, c'est cette ambiance qui fait du bien au foot luxembourgeois.»



Gilles Bettmer (Differdange)  : «C'était très chaud. Un match à six points. Maintenant, eux sont quatre longueurs derrière nous et ça fait du bien au moral. Les battre deux fois sur une saison, c'est un vrai plaisir. Nous, notre objectif, c'est l'Europe. Le reste, c'est du bonus mais le titre, pourquoi pas?»



Marc Thomé (entraîneur de Differdange)  : «On a perdu tous les duels dans les 20-25 premières minutes. Bizarrement, on est revenus sur notre première occasion. La deuxième période était vraiment dure car le Progrès a bien joué. C'était un vrai derby, il y avait du rythme. Si j'avais été un spectateur neutre, j'aurais dit que le nul aurait été mérité. Encore une fois, on gagne après avoir été menés. Dans ce domaine, on n'a pas d'égal en Europe!»



Le Quotidien vom Donnerstag, 19. März 2015


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