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"Le guerrier du désert", j'aime bien ce surnom. - 28.11.2014

Vainqueur de la Gambardella en 2001 avec le FC Metz génération Butelle, Agouazi et Obraniak, champion de Turquie avec Galatasaray en 2008 en compagnie de garçons comme Arda Turan (Atlético Madrid), Rigobert Song ou le mythique Hakan Sükür, resté un an à Kaiserslautern, le nouveau défenseur central de Niederkorn va amener une nouvelle dimension au club.




Ismaël Bouzid fait son 1,90 m bien tassé. Pour le Progrès Niederkorn, en manque de gabarits, cela ne sera pas du luxe. Il paraît d'ailleurs qu'il a livré, en amical contre le Fola, un duel épique dans les airs à une référence en la matière  : Samir Hadji. Au-delà, son boulot, Thomas Gilgemann l'a défini en des termes assez précis : l'encadrement de la jeunesse niederkornoise et l'apport d'une mentalité professionnelle qui doit garantir une régularité de performance à un club qui commence à développer d'énormes ambitions. Hier, si le Progrès avait choisi de convoquer la presse au garage Collé, l'un de ses sponsors, pour faire les choses en grand, c'est aussi parce qu'il a la sensation, en enrôlant Bouzid, de franchir un cap à bien des égards. Présentation…



Vous étiez encore pro à Kilmarnock la saison passée, en D1 écossaise. Comment vous retrouvez-vous aujourd'hui en Division nationale luxembourgeoise?



Ismaël Bouzid : Si je suis là aujourd'hui, c'est qu'on a trouvé, tous ensemble, des intérêts communs. Je crois que tout le monde ici, aujourd'hui, est heureux de se lancer dans ce projet. Sinon, moi, j'ai été formé au FC Metz avec Thomas Gruszczynski qui m'a dit qu'il avait vécu une belle expérience dans ce pays. Il m'a dit qu'il avait vécu au Grand-Duché ses plus belles années sportives. C'est lui qui m'a mis en contact. Ah et puis je connais aussi Emmanuel Françoise qui, lui, a joué avec mon petit frère chez les Grenats. J'ai aussi beaucoup échangé avec lui sur le sujet.



Tous les deux auraient pu vous brancher sur le F91, où ils ont évolué. C'est qu'ils ne devaient pas avoir envie de le faire?



Ah vous savez, la vie d'un footballeur est faite de hauts et de bas. Ce n'est pas tout le temps rose. Sauf si vous avez la recette du bonheur pour tous les jours, je veux bien la connaître!



Pourquoi? Dans cette longue et riche carrière pro, vous avez eu beaucoup de jours sans?



Comme tout le monde. Les jours avec, pour un sportif, c'est quand tu gagnes des titres ou que tu honores des sélections avec ton équipe nationale. Pour moi, c'était l'Algérie (NDLR : 13 sélections). Et puis il y a les blessures. Moi, cela m'est arrivé quand j'étais jeune. J'ai eu des petits moments sans mais cela aide à voir plus haut.



Vous avez beaucoup bourlingué et cumulé treize clubs dans huit pays différents. Vous n'avez jamais eu envie de vous poser?



Si on rentre dans le détail des raisons qui m'ont fait changer aussi souvent… Il faudrait que je vous paie un café et qu'on y passe des heures! Mais à chaque fois, il y avait un petit quelque chose qui faisait que malheureusement, je ne restais pas plus d'un an ou deux.



Kaiserslautern et Galatasaray, ce serait bien des endroits où l'on resterait plus d'un an non? D'autant que vous y avez pas mal joué pour votre âge (26 matches en une saison en Allemagne et 17 matches la saison suivante avec les Turcs)?



La saison à Kaiserslautern s'était super bien passée et il y a eu cette offre qui ne se refuse pas de Galatasaray, même si Kaiserslautern avait remis une proposition de trois ans sur la table… Là-bas, cela ne s'est pas mal passé vu mon âge (NDLR : il était alors un jeune défenseur central de 24 ans). Il y avait un patron comme Rigobert Song, et des gars comme Hakan Sükür, Arda Turan ou encore l'ancien de Schalke 04, Lincoln. Bref, c'était bien, mais le coach allemand s'est fait virer. Un autre est arrivé qui voyait les choses autrement… Mais bref, en une saison, j'ai beaucoup appris au niveau mental.



Ce sont vos sommets de carrière?



Forcément, si ces noms vous ont tapé dans l'œil, cela fait la même chose à tout le monde. Moi aussi cela m'est resté dans la tête. Jouer en D2 allemande devant 40 000 spectateurs… Cette année-là, on avait d'ailleurs joué le Bayern Munich en Coupe. Cela m'avait permis d'échanger mon maillot avec Willy Sagnol. (il sourit) Entre Français…



Oui enfin, votre pays sportif, c'est l'Algérie! On vous a même trouvé un surnom là-bas...



(il éclate de rire) Ah oui! Le guerrier du désert! Tout cela date d'un match éliminatoire pour la Coupe d'Afrique des nations (NDLR : en 2011) contre le Maroc. Ce sont les médias et les réseaux sociaux qui m'ont surnommé ainsi à cause du match que j'avais livré contre Marouane Chamakh. Moi j'aime bien. C'est sympa. Il ne s'était rien passé de spécial, attention! Juste un match et un duel entre un attaquant et un défenseur. Et les défenseurs n'aiment pas prendre de but! D'ailleurs, devant 80  000 spectateurs, on avait gagné 1-0.



Vous avez joué contre Dieu aussi…



(surpris) Dieu? Ah non, pas que je sache…



Vous êtes plus Cristiano Ronaldo que Messi alors?



Attention, Dieu c'est Dieu et le foot c'est le foot. Messi, qu'est-ce que vous pourriez dire? Le monstre… Cela, j'accepte. Ou l'extraterrestre, parce que c'est vraiment une autre planète. Mais effectivement, on a joué l'Argentine juste avant la Copa America, donc c'est un match amical qu'ils n'ont pas pris à la rigolade. Jouer contre Messi, c'est différent de jouer un Chamakh…



Et jouer un Ronaldinho? Car vous l'avez affronté aussi avec le Brésil…



Effectivement. C'était l'équipe des Kaka, Robinho. Mais l'Argentine, collectivement, m'avait fait meilleure impression. Messi aussi par rapport à Ronaldinho, qui est plus dans la fantaisie que l'efficacité.



L'efficacité, c'est aussi pour ça que le Progrès vous a recruté. Quels objectifs vous ont-ils vendu?



Jouer dans un championnat amateur, ou soi-disant amateur, c'est la première fois que cela va m'arriver. J'espère que ce ne sera pas trop compliqué.



En tout cas, je vais tout faire pour que cela ne le soit pas. Je ne vais rien négliger. Je commence une nouvelle vie et pour la rendre abordable, je vais bien me préparer. Pour les objectifs, il suffit de regarder le positionnement du Progrès à mi-championnat. Troisième à trois points du leader : pourquoi pas, dans ces conditions, jouer le titre ou la deuxième place? J'ai déjà vécu l'Europe avec Galatasaray, je veux bien y retourner.



 

En marge de la conférence de presse à laquelle le club niederkornois avait convié les médias, hier soir, il a été précisé que deux cadres défensifs de l'équipe d'Olivier Ciancanelli ont décidé de prolonger l'aventure. Ainsi, le gardien numéro 1 du club, Fabiano Castellani ainsi que l'expérimenté défenseur Tim Lehnen, ont tous deux prolongé pour trois saisons.



En outre, Tarek Nouidra, qui a obtenu un bon de sortie pour cet hiver, devait, selon nos informations, rencontrer les dirigeants de Lamadelaine et son ancien entraîneur au Progrès, Paolo Amodio, qui ont été parmi les premiers à dégainer à l'annonce de sa libération. Le challenge, dans l'optique de la fusion avec Pétange ( voir Le Quotidien d'hier ) semble intéressant mais sept autres clubs de PH se sont manifestés ainsi que deux ou trois autres de DN. Affaire à suivre.




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