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À Dudelange, victoire d'un dur au mal - 20.10.2014

BGL LIGUE (10e JOURNÉE) Le F91 a encore dû improviser son équipe avant ce duel au sommet. Ça ne l'a pas empêché de le gagner. Et de prendre la tête de la DN.



Encore privé d'une dizaine de joueurs dont un nombre effarant de joueurs défensifs axiaux (Malget, Schnell, Schulz, Pedro, Sylla, Zeghdane...), le champion en titre s'est réinventé en prenant un gros risque. Il a eu des occasions de le payer contre un Progrès Niederkorn installé bas mais prompt à jouer le contre. Pourtant, il s'en sort encore sans encaisser de but.



Même si c'est le F91, on va commencer à devoir applaudir des deux mains : garder ce niveau de performance (comptable plus qu'artistique) malgré une telle accumulation de soucis force l'admiration. Hier, on s'est pincés pour y croire : afin de pouvoir conserver une paire de récupérateurs (Stelvio - Prempeh) devant la défense, Sébastien Grandjean s'est décidé à aligner le petit Romain Ney en défense centrale. Un coup de poker d'autant plus facile à assumer qu'il a fonctionné : «J'ai une confiance aveugle en lui et en sa rigueur technique. De toute façon, il nous manque tellement de gens qu'il fallait prendre ce risque calculé.»

Le risque calculé d'hier après-midi vaut trois points, donc, et aussi, malgré toutes les  difficultés à composer une équipe cohérente d'un week-end sur l'autre, le maintien d'une dynamique défensive intacte. Car le champion en titre, qui a changé 75 % de sa ligne de quatre depuis le match à Käerjeng (0-5) il y a deux semaines, et même 100 % si l'on considère le repositionnement de Ney, a encore fini un match sans encaisser de but. C'est déjà la sixième fois cette saison, ça relève presque du numéro de funambulisme. Il s'en est d'ailleurs souvent fallu d'un rien que le Progrès, plutôt bas sur le terrain en première période, ne parvienne à planter quelques banderilles. Un centre en retrait de Menaï et Garos expédie un boulet au ras de la lucarne (6e). Une longue ouverture de Rigo et Menaï, seul face à Joubert met son plat du pied gauche à côté (19e). Un cafouillage dans la surface et il faut une parade miracle de Joubert devant Cassan (26e).

Au moins, Joubert veille Ça patine un peu derrière? On aurait tendance à dire que c'est pres-que normal. Mais devant? C'est comment? Toujours limite en créativité mais quand même capable de porter le danger. Castellani doit couvrir son poteau droit sur une demi-volée de Da Mota (11e). Le portier niederkornois se contentera d'avoir de la chance sur une frappe croisée de Keric qui frôle son poteau gauche (16e) et de remercier la semaine internationale qui a peut-être coûté à Karapetian, un poil fatigué, le coup de reins nécessaire pour aller chercher un centre de Benajiba seul devant la ligne de but (28e). Le Progrès fait honneur à son nouveau statut. Même s'il évolue bas, il assume son devoir de jouer aussi un peu au football et de défendre sa place de leader potentiel.Reste qu'une crédibilité à un tel niveau de compétition ne s'achète pas comme ça, du jour au lendemain. Le F91 a plus d'une décennie de gestion des événements majeurs derrière lui et cela va se sentir bien fort un peu avant l'heure de jeu, quand sur un coupfranc lointain, Stelvio se retrouve seul au deuxième poteau pour rabattre au fond (1-0, 57e). Un oubli comme ça, c'est ce qui fait la différence entre un outsider et un favori, même quand le favori court sur une jambe. Les hommes d'Olivier Ciancanelli s'en veulent. Ils ont de quoi : il n'y avait qu'un peu d'expérience pour faire la différence entre eux et ce F91 dur au mal, hier. Ça et un Joubert ultra-attentif, chanceux face à Poinsignon (61e) et plus vif que Bossi pour aller cueillir au-dessus de l'attaquant une passe en retrait mal assurée de Prempeh (68e). Le maillot jaune change d'épaules et de teinte. Entre celui du F91 et celui du Progrès, la différence de ton est infime mais elle est encore bien réelle...



«Le Progrès peut aller au bout»



Sébastien Grandjean (coach du F91) : «On a vu un match âpre dans lequel

les deux équipes sont allées au bout d'elles-mêmes. Jusqu'aux crampes

même pour certains de mes joueurs (NDLR : Keric). Je dois rendre hommage

à cette équipe du Progrès qui vient de prouver qu'elle a tout à fait les armes

pour aller au bout et jouer quelque chose dans ce championnat.»


 



Olivier Ciancanelli (coach du Progrès) : «On a fait une très belle partie.

L'équipe a fait tout ce qu'il fallait même si on aurait pu ou dû rentrer aux

vestiaires en ayant inscrit un ou deux buts. Mais on a peut-être joué trop bas

durant les 45 premières minutes.»


 



Sofiane Benzouien (F91) : «C'était un match difficile. Ceux qui sont rentrés

avaient pour mission de nous faire retrouver de l'emprise sur le milieu

de terrain car nos attaquants étaient fatigués. C'est une victoire très importante

qui nous permet de reprendre la première place face à une équipe qui

fait du bien à ce championnat.»


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