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Olivier Cassan, Grand-duché pour dessein douché - 08.09.2014

C’est une histoire de quelque 60 km. Entre Metz et Niederkorn, la route est une formalité. Mais entre la ville française et sa voisine luxembourgeoise, il existe pourtant bien un gouffre. Du point de vue d’un ballon rond, on irait même presque jusqu’à parler de jour et de nuit. C’est pourtant dans ce coin d’un Grand-duché meilleur lorsqu’il s’agit de banque, ou de secret, ou des deux, qu’Olivier Cassan a choisi de poser ses crampons de footballeur pro.



Un choix assumé par celui qui fut il n’y a pas si longtemps le grand espoir du Rodez Aveyron football, époque National. Et tant pis si sa carrière ne réalise pas un bond en avant en faisant étape au FC Progrès Niederkorn. "Ce n’est pas un progrès, j’en conviens. Mais j’ai 30 ans, je viens d’être papa pour la première fois (d’un petit Maël, âgé de 3 mois), ma femme travaille là-bas et, je ne le cache pas, financièrement, c’était intéressant. Puis, j’avais besoin de retrouver un esprit familial."





Avec un contrat de trois saisons à la clé et une perspective d’emploi dans le pays au PIB par habitant le plus fort du monde, l’Entrayol n’a pas vraiment hésité. Quitte à faire le grand saut vers une BGL Ligue -l’élite- qu’il situe "entre le CFA et le National pour les quatre favoris. Mais ça se professionnalise petit à petit".



"Je suis peut-être trop gentil"



Le professionnalisme justement, pendant plusieurs mois, Olivier Cassan l’a perdu de vue. Ballotté dès son départ de Rodez en juin 2010 vers Metz, recruté par un entraîneur limogé puis remplacé par un autre ne le désirant pas, l’Aveyronnais a vécu "le pire pour un footballeur: l’oubli". Prêt à Martigues, nouveau licenciement du technicien l’ayant fait venir, retour à Metz et... mise au placard dans le loft puis réintégration sans temps de jeu.



De cette période, il dit "ne rien regretter". À part d’avoir "fermé (sa) gueule. Je suis peut-être trop gentil, soupire-t-il de sa voix encore tintée de l’accent du Sud. J’ai pensé que ça tournerait, mais non. Aujourd’hui, je sors de trois ans de haut et de bas, à toujours réfléchir, à perdre confiance. Dans ces moments, tu es transparent." Pour celui dont les desseins étaient d'être "un bon joueur de L2", la sortie du tunnel sera finalement synonyme d’un retour aux bases.



Retour à la case amateur, touches en Malaisie et avec le Raf



Au chômage, Cassan revient à l’essence du ballon. En septembre 2013, il entraîne les U17 de l’ES Maizières, club de District de la banlieue messine. Puis il rechausse les crampons. Et "retrouve le plaisir. C’est ce qu’il me fallait". Suivent à nouveau quelques offres. De CFA ou même de Malaisie. Trop instable pour un tout nouveau père de famille. Le retour au Raf est envisagé, les contacts pris. Trop compliqué financièrement pour un joueur encore sous statut pro.



L’histoire d’Olivier Cassan s’écrira finalement à quelque 60 km de Metz. Samedi, après une préparation émaillée de 8 buts en 4 matches, le milieu offensif a disputé sa première rencontre officielle: 90 minutes et une victoire 1-0 face au CS Fola Esch, l’un des cadors du pays, devant 1000 spectateurs. "D’une certaine manière, c’est un nouveau départ, acquiesce-t-il. On compte sur moi et j’ai encore de bonnes années. Je ne suis pas foutu du tout". Finalement, le jour et la nuit, ce n’est qu’une question de perception. À 30 ans, l’Entrayol le clame : il n’est «pas foutu du tout».


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