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«J'aurais pu être un joueur correct de Ligue 2» - 05.09.2014

Rodez, Metz, chômage, Progrès Niederkorn. Tout est allé très vitempour Olivier Cassan, 30 ans, recrue phare de l'actuel leader de BGL Ligue, avec qui il affronte le FC Metz, un club qu'il a fréquenté de 2010 à 2013.



Un match contre le FC Metz doit forcément vous évoquer des souvenirs. Sont-ils forcément mauvais compte tenu du fait que vous avez peu joué là-bas? Olivier Cassan : Pas du tout. J'ai quand même passé de beaux moments. J'ai encore des amis là-bas, comme Jérémy Choplin, avec qui j'ai joué pendant deux ans à Rodez. Yéni Ngbakoto, Bouna Sarr, Kevin Lejeune et Thibault Bourgeois, qui est parti cet été (NDLR : au CA Bastia), sont tous des amis. Y a-t-il en vous une envie de montrer ce que vous auriez pu apporter à cette équipe qui s'est construite sans vous? Je n'ai rien à prouver de spécial. Ils savent  comment je suis, comment je joue. On a toujours envie d'être bon quand on joue contre le FC Metz et ce sera aussi le cas de mes partenaires. Il y a un grandécart entre les deux équipes. Ce sera un bon entraînement. Disonsque si on arrive à toucher le ballon, ce sera déjà bien! Que vous a-t-il manqué pour

vous faire une place à Metz? Je suis tombé sur un coach, Dominique Bijotat, qui ne m'a pas donné

ma chance. J'ai été recruté par Joël Muller et Philippe Gaillot. Mais quelques jours après ma signature,

Bijotat est arrivé. J'ai sûrement une part de responsabilités là-dedans. J'ai peut-être baissé les bras trop

vite. Je marche beaucoup et quand le coach trouve toujours des raisons différentes pour m'expliquer que je ne joue pas, à un moment, je n'arrive plus à m'accrocher. Je n'ai sûrement pas fait assez d'efforts pour me faire une place. J'aurais pu être un joueur correct de Ligue 2, j'en suis sûr.

Est-ce que le style de joueur que vous êtes a pu se retourner contre vous? Je ne sais pas si c'est dû au profil. Après, je ne suis pas extrêmement rapide, mais j'ai quand même surtout été milieu offensif droit avant de passer numéro 10. Je n'étais pas lent. La période où on privilégiait uniquement des joueurs puissants et rapides était en train de passer. La France commençait à copier l'Espagne en voyant qu'on pouvait y arriver avec des profils comme Xavi ou Iniesta. Peut-être qu'en Espagne, j'aurais réussi!

Avez-vous regretté votre choix de carrière, sachant qu'à Rodez (Aveyron), votre ville natale, vous étiez dans un contexte idéal? J'ai passé du bon temps à Rodez mais je ne suis pas quelqu'un de nostalgique. Je n'ai jamais marqué énormément de buts, environ 5 ou 6 par an, mais je faisais beaucoup de passes décisives, une quinzaine par saison. Quand Metz, Reims et Tours se sont renseignés, je n'ai pas hésité.

Le FC Metz, ça ne se refuse pas. Surtout que le club venait de rater deux fois la montée en L1 de  justesse et que ça restait l'objectif. Je ne pouvais pas savoir qu'un entraîneur qui ne comptait pas sur moi allait arriver et que le club descendrait en National. Dans le foot, tout va très vite. On peut le voir dans les très gros clubs, où un joueur peut partir d'un endroit où on ne compte pas sur lui pour exploser ailleurs.

Vous avez été élu meilleur joueur de National en 2008/2009... Oui, mais bon, c'est un classement particulier, qui dépendait des votes des entraîneurs après chaque match. Quand l'aventure s'est terminée

à Metz, vous avez connu le chômage, puis fait une pige à Maizières-les-Metz, en 2e division de district...

Un ami jouait là-bas. On était en décembre, je n'avais aucune proposition, ça m'a fait du bien à la tête. Le niveau était très faible, j'ai marqué quelques doublés et triplés mais je n'étais pas là pour essayer de faire un maximum de petits ponts. Pour ce qui est du chômage, ce n'était pas financièrement mais au niveau du moral que c'était le plus dur. C'est difficile de se dire que tu n'intéresses plus personne. Il y a bien eu une offre venue de Malaisie... Oui mais c'était trop fou. Entre la Malaisie et le chômage, j'ai préféré ne pas choisir la Malaisie. Si j'avais été seul, sans enfant, j'y serais certainement allé. Mais là, j'ai ma femme, qui travaille au Luxembourg, ce n'était pas le bon moment. Rodez m'avait aussi relancé mais,  financièrement, cen'était pas possible. Le Sud ne me manque pas en soi, mais j'avoue que si je n'avais pas rencontré ma femme à Metz, j'y serais retourné. J'ai besoin de soleil mais bon, on se fait à tout et on peut être heureux ailleurs. Pourquoi avoir dit oui au Progrès cet été? Le Luxembourg, c'est un choix de vie. J'aimerais y travailler par la suite. Pour être honnête, je me suis renseigné à Dudelange et les trois autres gros clubs du pays, mais je ne les intéressais pas. Niederkorn, où j'avais fait un entraînement

en fin de saison dernière, est revenu vers moi. C'est un club sérieux, familial mais qui tend à se professionnaliser. Le projet est vraiment intéressant. Vous ne semblez pas rancunier envers le FC

Metz ou les clubs luxembourgeois qui vous ont snobé. Pourquoi? Je sais d'où je viens, du milieu

amateur. Je jouais dans un petit club de l'Aveyron, puis à Rodez avant d'aller à Metz. J'ai joué quelques matches de Ligue 2. Si on m'avait dit ça il y a quinze ans, je n'y aurais jamais cru. Alors si des gens ne veulent pas de moi, je ne me permettrai jamais


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