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Thomas Gilgemann: «On cherche la stabilité» - 03.09.2014

L'ancien défenseur du Progrès évoque les ambitions du club



Arrivé d'Amnéville en 2006, Thomas Gilgemann, bientôt 31 ans, est resté fidèle au Progrès pendant huit saisons sur le terrain avant de rejoindre l'équipe dirigeante du club de Niederkorn. Notre consultant Pascal Carzaniga «cuisine» l'ancien latéral gauche devenu défenseur central sur les ambitions de son club et sur le rôle du capitaine dans une équipe. Premier volet ce mercredi: où va le Progrès? C'est parti pour les une-deux de «Caza».



• Thomas Gilgemann, que devenez-vous?



Je m'occupe du recrutement, du marketing et du sponsoring du Progrès.



Avez-vous toujours une licence là-bas?



Oui. Des amis français voulaient que je leur file un coup de main. J'ai refusé car je voulais rester fidèle au Progrès. Je suis chargé du recrutement. Je suis censé aller voir des joueurs au Luxembourg et hors du pays. Rajouter un match le week-end, ce n'est pas bon!



Là, vous parlez de la France, mais vous pourriez quand même rejouer à Niederkorn?



Notre défense centrale est décimée depuis le début du championnat et j'espère ne pas devoir refaire un bout de chemin sur le terrain. Je pense que ça ne serait pas une bonne idée.



Avez-vous ressenti un pincement au cœur le jour de Progrès-Fola, premier match de la saison?



J'ai eu une pression folle. Je me suis demandé pourquoi pendant 30 minutes. J'ai participé grandement au recrutement et j'étais angoissé à l'idée de voir le comportement des joueurs et surtout des nouveaux. J'avais aussi appuyé la venue du coach (Olivier Ciancanelli) car je pensais que c'était l'homme idéal pour manager un tel groupe avec sa poigne. Il a un fort charisme. Imaginons que ça tourne au fiasco contre le Fola et qu'on prenne un 4-0... Ok, ça n'a rien de dramatique, mais...



… mais on culpabilise vite dans ces moments. Et on se demande si on aurait pas dû continuer?



C'était le moment d'arrêter. Par choix familial et aussi professionnel. Mon investissement dans le club s'est amplifié, mais je n'ai plus besoin d'être là cinq fois par semaine et c'est ça que je cherchais. Je m'implique à fond mais ça reste un plaisir. Et je suis conforté dans ma décision en voyant grandir le club.



Avec un tel début de championnat, on se doit d'évoquer la Coupe d'Europe, non?



En 2019, le club aura cent ans. Et l'objectif, c'est d'être présent dans le Top 5 chaque saison. Cette saison et la suivante, le but est de se retrouver dans la première moitié de tableau.



N'est-ce pas manquer d'ambitions?



On ne veut pas s'enflammer. On cherche une stabilité. Ce n'est pas la peine de finir cinquième une saison puis de jouer les barrages la saison suivante. Je ne veux plus qu'on dise du Progrès qu'il est capable de tout et de n'importe quoi. Cela fait plus de huit ans que le Progrès s'est réinstallé en BGL Ligue. Avec des hauts et des bas. Moi, je ne veux plus de bas!





• Vous avez tutoyé l'Europe la saison dernière. Si vous vous qualifiez, resterez-vous dans votre logique de franchir étape par étape ou consentirez-vous les efforts pour répondre à ce défi?



On est passé tout près la saison dernière et l'effectif était moins riche que cette saison. On réalise un bon début de saison avec des absents à des postes-clefs, mais on reste les pieds sur terre. Si on peut finir troisième ou faire un coup en Coupe, on ira jouer l'Europe. On pourra répondre au défi, mais ce n'est pas pour ça qu'on recrutera huit joueurs. C'est hors de question. Mon exemple, c'est toujours Saint-Etienne. Ils recrutent intelligemment. Pas forcément des grands noms. Et ils se stabilisent dans le top du football français. On a ciblé des profils. On était sur un buteur de valeur car ça fait défaut chez nous, mais on n'a pas conclu.



Justement, ne vous manque-t-il pas encore un petit quelque chose pour chatouiller les meilleures équipes du pays?



Je veux d'abord convaincre les garçons de rester avant d'aller en chercher d'autres. J'appelle ça de la cohérence. Si chaque saison on cherche à recruter des gars, c'est aussi montrer peu d'intérêt à ceux qui sont là depuis des années. Quand on est montés en BGL Ligue, on parlait plus du recrutement que des gars qui étaient en place. Mais c'est quand même nous qui sommes montés. Alors oui, un buteur, je ne dis pas non. Sanel Ibrahimovic, on peut le critiquer mais partout où il est passé, il a mis des buts. Et qui dit buts, dit points.



C'est peut-être un peu dur à entendre, mais vous voulez vous inspirer de Differdange?



J'ai beaucoup de respect pour ce que Differdange a montré en Coupe d'Europe les dernières saisons. Les structures bougent assez peu et leur raisonnement semble assez équilibré. A moyen, voire à long terme, on veut les dépasser. Mais on a encore pas mal de chemin à accomplir. Tant au niveau des infrastructures que du noyau. On a confiance dans les 20 à 25 joueurs que l'on a, mais par petite touche, on veut encore être meilleurs.



Si vous allez en Coupe d'Europe, il faudra s'entendre avec Differdange pour jouer dans leur stade...



Ce sera une bonne discussion. Ça voudra dire qu'on est européens. Je suis prêt à poser les bases de la relation avec eux (rires).



Vous parlez souvent d'état d'esprit. On n'a pas toujours eu l'impression qu'il s'agissait de mots clefs au Progrès par le passé...



On est soudé comme jamais. On suit chaque joueur. Si ça ne va pas, on discute à quatre, avec Henri (Bossi), Olivier (Ciancanelli) et Felipe (Machado) pour voir comment remettre un joueur à flot. C'est trop facile de casser un mec. Quand l'un sera un peu moins bon que l'autre, il faudra le soutenir. Ça permettra de le revoir performant un mois plus tard. Si on le casse, on le perd. On veut donner l'envie aux joueurs de rester chez nous.



Discuter des problèmes à quatre, c'est bien, mais qui fait quoi?



Au point de vue football, le dernier mot revient au coach. Car si les résultats ne suivent pas, c'est le coach qui prendra. Dans notre philosophie, et on est d'accord là-dessus avec Henri. Si ça ne fonctionne pas, on sera capable d'aller voir les coaches, de leur serrer la main et de leur dire qu'on a tout essayé, que ça ne fonctionne plus et qu'on s'arrête là. J'espère que ça n'arrivera jamais mais je veux que ça se passe comme ça et pas par le biais d'une trahison ou d'un couteau dans le dos.



Le Progrès a toujours eu la réputation d'être la «Maison des Bossi». Comment vivez-vous ça de l'extérieur?



Pol est un joueur. Il fait son job. C'est difficile d'avoir un papa et un oncle dans le club. Marcel n'intervient que quand c'est nécessaire. Henri, c'est un cas atypique car il a été entraîneur. Il a peut-être dégagé une image pas forcément bonne au niveau des choix de coaching en partant à Mondorf. On l'a peut-être jugé assez vite par rapport à ça. Il est têtu et borné. Comme moi. Mais sur les trois ou quatre derniers mois, on est en train de changer. Ce n'est pas une mauvaise chose que ce club soit lié aux Bossi. Ça dégage une image familiale.



• Thomas Gilgemann sera-t-il un jour coach du Progrès?Ça ne me déplairait pas, mais dans une dizaine d'années. Pour le moment ce n'est pas envisageable pour des raisons personnelles. Je ne suis pas armé aussi bien qu'Olivier Ciancanelli pour gérer ce groupe. Je n'ai passé que quelques diplômes. Actuellement, mon rôle me convient très bien. On se reposera cette question en 2019...Caza (avec Christophe Nadin)



Demain jeudi: Thomas Gilgemann et le rôle du capitanat



 

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